Nicolas Monneyron

Comment définir la place occupée par la géothermie en France ?

La géothermie est aujourd’hui au cœur de la transition énergétique. En France, les Schéma Régional Climat Air Energie*, adopté par les régions détermine des objectifs quantitatifs de développement de la production d’énergie renouvelable, a placé la géothermie en deuxième priorité après le renouvellement des énergies perdues dites énergies fatales. On assiste ainsi, depuis 2008, à un fort développement de la filière avec une accélération des projets. ENGIE Réseaux joue un rôle moteur dans ce renouveau grâce à un positionnement majeur dans la filière pour la production de chaleur.

 

Sur quels types de projets de projets de géothermie intervenez-vous ?

ENGIE Réseaux intervient pour le Groupe ENGIE sur trois typologies de chantiers en région Ile-de-France. Ces projets sont destinés à la production de chaleur basse température servant à l’alimentation des réseaux.

  • La réhabilitation des géothermies existantes : nous renouvelons les équipements et les réseaux de chaleur pour une période de 30 ans environ comme à Sucy-en-Brie et Thiais. Sur 30 exploitations de géothermie lancées dans les années 80, nous avons déjà procédé à la rénovation de 50% d’entre elles. 
  • Le verdissement (ou la géothermisation) de réseaux de chaleur existants : notre mission est alors d’intervenir sur l’architecture du réseau et de réaliser des ouvrages de géothermie à l’exemple de la ville de Villepinte. Notre savoir-faire nous permet d’intégrer les avantages et les contraintes de cette énergie locale dans les réseaux existants.
  • La création ex-nihilo de réseaux de chaleur à Arcueil/Gentilly et Rosny-sous-Bois/Noisy-le-Sec. Ces sujets prennent en considération les éco-quartiers et la substitution des chaufferies gaz existantes.

Nous intervenons également en expertise ou en investisseur sur d’autres projets développés par le Groupe ENGIE en région pour la production d’électricité géothermique, la cogénération géothermique chaleur et électricité ou la création de réseaux de chaleur géothermique à partir de forages exploratoires.

 

En quoi l’expertise du Groupe ENGIE se distingue-t-elle ?

Notre savoir-faire s’étend sur l’ensemble des ces projets. Nos interventions requièrent une expertise complète impliquant nécessairement des états des lieux des forages sur les géothermies existantes, des audits sur les possibilités d’extensions de réseaux et des études permettant d’optimiser la mutation de réseaux historiques vers des réseaux géothermiques. Nous développons par ailleurs un partenariat avec STORENGY filiale d’ENGIE spécialisé dans le stockage souterrain de gaz qui dispose d’une expertise rare en modélisation du sous sol.  Grâce à cette complémentarité, le Groupe sait désormais intégrer une offre globale (sous-sol, surface et valorisation) dans une même proposition.

Aujourd’hui, par l’expertise que nous avons développée sur la région Ile de France, nous sommes en mesure de proposer des solutions partout en France et d’exporter notre expertise et notre savoir-faire à l’international, en Europe et dans le reste du monde.

 

Comment la géothermie s’inscrit-elle dans un contexte urbain ?

Aujourd’hui, les forages en géothermie profonde présentent un grand nombre de similarités avec les forages pétroliers et gaziers. La différence majeure réside dans la proximité des consommateurs et le contexte urbain ou ultra-urbain dans lequel ils s’implantent. Installer des machines de forage au sein des villes ne s’improvise pas. Cette démarche passe par un travail technique (choix de la parcelle, murs anti-bruit…) assorti d’un plan de communication solide à destination des autorités publiques et des riverains (réunions publiques, panneautage, lettres d’informations). La ville et ses habitants doivent s’approprier le chantier dans les meilleures conditions et comprendre les enjeux que représente la géothermie en matière de lutte contre la précarité énergétique par exemple.

Enfin, la géothermie présente l’immense avantage d’être une énergie d’occurrence, renouvelable, locale et inépuisable qui, durant une période d’environ 30 ans, n’émet pas de CO2. Dans des contextes ultra-urbains, une fois le chantier réalisé, la surface d’exploitation, peu gourmande en espace, peut se réduire de 2 000 m2 à 2 500 m2. Elle s’intègre par ailleurs parfaitement aux autres projets urbains.

* Le Schéma Régional Climat Air Energie est l’un des grands schémas régionaux créés par les lois Grenelle I et Grenelle II. Il décline également aux échelles régionales une partie du contenu de la législation européenne sur le climat et l’énergie.