Portrait de Delphine pour ENGIE

 

Delphine Alingrin, agent de conduite sur le terminal méthanier de Fos Cavaou

Exercer un métier technique, Delphine en rêvait depuis l’adolescence. Mais à la fin des années 90, et bien qu’elle ait obtenu son baccalauréat professionnel section mécanique industrielle, aucune opportunité ne s’était présentée. À l’époque, se souvient-elle, «les formations étaient ouvertes aux filles, pas les entreprises !». Quand elle rentre dans le Groupe, c’est donc pour travailler comme conseiller clientèle sur un plateau téléphonique. Pendant sept ans, d’abord à Albi puis à Montpellier, Delphine veille aux relations clients, à distance. Si enrichissante soit-elle, cette expérience confirme que son avenir est ailleurs que dans un centre d’appels et, en 2006, elle émet le souhait d’une reconversion professionnelle. «Parmi les différentes offres d’emploi et de mobilité, il y en a une qui m’a particulièrement attirée. Il s’agissait d’un poste sur un terminal méthanier. Cet environnement m’a interpellée et je me suis immédiatement dit que c’était là où je voulais travailler. Pourtant, je n’avais aucune idée du fonctionnement d’un site industriel !»

À partir de ce moment, tout s’est enchaîné très vite. «Cela s’est décidé en une journée. Le premier entretien a eu lieu à Marseille à 8 h 30, et les autres se sont succédés toute la journée sur le site de Fos Cavaou, jusqu’à 18 h 30.» À l’issue des entretiens Delphine est retenue, ce qui n’était pas gagné d’avance. «Ma candidature a un peu surpris. On m’a demandé si j’étais bricoleuse et si j’avais l’habitude de manipuler des outils… on n’aurait probablement pas posé ces questions à un homme, mais je sais prendre du recul !» Delphine n’a eu aucune difficulté à expliquer que l’important pour elle était d’apprendre et de bien faire son travail. Sa motivation et sa détermination ont convaincu. A alors commencé une formation théorique et pratique de quatre mois, sur site, pour devenir agent de conduite.

Un nouveau métier

Exercer un nouveau métier, avec des contraintes nouvelles, a beaucoup changé Delphine de son travail en plateau téléphonique, où autant de femmes que d’hommes travaillaient. Sur le terminal méthanier de Fos Cavaou, elle a intégré une équipe de cinq personnes. Leur mission : prendre toutes les dispositions nécessaires pour s’assurer que les infrastructures sont en fonctionnement et prêtes à accueillir le déchargement ou le rechargement d’un méthanier à tout instant. Dans ce milieu majoritairement masculin, l’arrivée d’une femme a provoqué quelques réactions qui aujourd’hui font sourire Delphine. «Au début, c’est vrai que j’ai été jugée tout simplement parce que j’étais une femme. Mais avec le temps, j’ai acquis le respect de mes pairs.»

L’énergie de la mer

Pour Delphine, la richesse du métier d’agent de conduite tient au fait que chaque jour est différent. «Aujourd’hui je travaille dehors, et même si physiquement le travail est exigeant, de jour comme de nuit tout au long de l’année, j’ai quand même la chance de voir régulièrement le soleil se lever sur la mer et cela me donne énormément d’énergie.» Pour réussir sa reconversion, Delphine a dû tout apprendre, depuis les aspects techniques jusqu’aux mesures de sécurité, qui sont essentielles dans ce métier car elles permettent d’intervenir sur le terminal en cas de problème. Une formalité pour cette battante, titulaire d’un brevet de secourisme et aussi du permis poids lourd, qui peut à ce titre intervenir avec le camion de pompiers du terminal en cas d’incendie. «Mon métier suscite l’admiration de mes proches, c’est une vie pas commune dans un environnement qui ne l’est pas non plus : il me ressemble, et me permet d’apprendre davantage chaque jour.»

 

Le terminal méthanier de Fos Cavaou

Un terminal méthanier permet de regazéifier du gaz naturel liquéfié (GNL) transporté par voie maritime depuis les zones de production. Celui de Fos Cavaou est situé à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône, à 50 km à l’ouest de Marseille. D’une capacité de regazéification de 8,25 Gm3/an, il bénéficie d’une situation nautique très favorable. Mise en service depuis avril 2010 et directement accessible par la mer aux dernières générations de très grands navires méthaniers, il constitue un point d’entrée majeur sur le marché français et européen.