Anne Chassagnette, Directeur de la Responsabilité Environnementale et Sociétale d'ENGIEQuels sont pour vous les enjeux de ce Conseil ?

Ils sont au nombre de cinq. En premier lieu la performance environnementale que l’on peut par exemple mesurer aux émissions de CO2 évitées et la performance sociale de l’entreprise que l’on mesure notamment au nombre d’emplois directs ou indirects générés par l’activité. Rassembleurs d’Energies se définit en effet avant tout comme un fonds d’impact investing. La performance financière importe également dans la mesure où, à la différence du mécénat ou du don, nous investissons dans des entreprises sociales avec un horizon de sortie. Ainsi, une fois l’activité de l’entreprise développée et pérennisée, nous pouvons réinvestir dans d’autres entreprises et multiplier notre impact. La pertinence de la solution énergétique, ensuite, qui doit être adaptée aux besoins des populations et au contexte dans lequel elle est déployée. Et enfin les synergies envisageables avec les entités du Groupe, qui nous permettent notamment d’optimiser les coûts d’instruction et de suivi de nos participation. C’est pour cela que nous investissons dans des zones où nous sommes présents, ou qui nous intéressent à terme. Nous notons par ailleurs avec satisfaction que ces projets renforcent notre cohésion interne et entraînent des réflexions sur nos business models.

Comment réussissez-vous à suivre tous ces dossiers à cinq personnes seulement ?

Pour chaque projet, nous mobilisons des compétences internes en montant des équipes avec des collaborateurs des directions opérationnelles ou fonctionnelles du Groupe. Nous collaborons ainsi fréquemment avec le CRIGEN (Centre de Recherche et d’Innovation sur le Gaz et les Energies Nouvelles) qui nous aide dans l’évaluation des solutions techniques développés par les collaborateurs, ou encore avec les salariés des business units opérationnelles d’ENGIE qui ont l’occasion dans ces missions de se confronter à des solutions innovantes et prometteuses destinées à un segment de marché également desservi par le Groupe. Dès la phase de réflexion, nous travaillons systématiquement en mode projet. Les collaborateurs impliqués au départ instruisent le dossier jusqu’à la présentation du projet au comité d’investissement. Certains pourront faire partie des organes de gouvernance.

Quatre ans après son lancement, comment définiriez-vous Rassembleurs d’Énergies ?

Rassembleurs d’Energies, au-delà d’un fonds corporate d’impact investing, est finalement devenu un laboratoire, une boîte à idées pour le Groupe. Elle nous interroge sur des business models différents. C’est pour le Groupe le moyen d’être présent de façon concrète et active, dans le monde de l’économie sociale et solidaire. Nous avons la volonté d’accroitre notre présence dans ce domaine, d’abord en permettant à d’avantage de salariés du Groupe de donner du sens à leur épargne, mais également en étendant le réseau des Rassembleurs d’Energies fellows qui s’engagent concrètement à nos cotés par leur collaboration dans nos projets et sont nos ambassadeurs au sein de leur entités. Et nous sommes bien sûr ouverts à des projets qui peuvent nous être soumis directement en ligne.