Gilles de Labarre, Président de Solidarités Nouvelles face au ChômagePouvez-vous nous présenter «Solidarités Nouvelles face au Chômage» ?

SNC a été créée il y a 30 ans à partir d’une idée simple : pour sortir du chômage, un demandeur d’emploi a besoin d’un accompagnement individuel, d’une écoute bienveillante et d’une revalorisation personnelle. Cela passe par des rendez-vous réguliers que Pôle Emploi ou la CAF ne peuvent pas toujours assurer sur la durée. Au sein de notre association, ce suivi est assuré par des binômes (généralement un homme et une femme) dans le cadre d’une relation équilibrée.

 

Comment fonctionne votre association ?

Les chercheurs d’emploi et les accompagnateurs se rencontrent dans des lieux neutres (dans un café, par exemple) où il est plus simple de «dire» le chômage dignement, avec une écoute bienveillante. Notre premier travail consiste à aider les chercheurs d’emploi à sortir de la solitude et de la mésestime de soi qui les «ancrent» dans leur situation. L’association aide, par ailleurs, à la rédaction de lettres de motivation ou de CV et favorisent la création d’emplois au sein d’associations partenaires, en général des CDD de 12 mois subventionnés par SNC à hauteur de 115% du SMIC.

 

Que vous apporte la Fape ENGIE ?

Nous avons signé avec la Fape un partenariat de 3 ans. La subvention accordée, qui s’élève à 45 000 euros, finance la création de dix emplois solidaires (aide-soignante, tapissière, canithérapeute, etc.) au sein d’entreprises d’insertion. Ils sont réservés à des femmes qui se sont éloignées du monde du travail. Nous utilisons aussi une partie de ces ressources pour renforcer la formation de nos bénévoles, à travers sept modules d’échange de pratiques organisés par nos propres bénévoles et avec le concours d’experts.

 

En cette année anniversaire, vous multipliez les actions…

Nous voulons changer le regard sur le chômage et les chômeurs à travers plusieurs manifestations itinérantes, comme la pièce de théâtre «Un emploi nommé désir» de Christian Poissonneau ou l’exposition photo «Les chercheurs d’or» de Laurent Zylberman. Nous avons également réalisé une étude sur la recherche d’emploi avec Didier Demazières, directeur de recherche au CNRS. Son analyse, qualitative, casse l’image classique du recrutement : la rencontre entre un demandeur et un emploi ne passe pas toujours par des canaux rationnels (annonce, recherche d’un profil-type, etc.), mais souvent par des liens tissés dans des lieux de parole comme les cafés, les clubs sportifs ou les associations.