COP21 : les conclusions de l’accord sur le climat

© COP PARIS/Flickr

 

«Le projet d’accord est différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant.». C’est en ces termes que Laurent Fabius, président de la COP21 et ministre français des Affaires étrangères, a présenté l’Accord de Paris.

Après des mois de tractations et deux semaines d’intenses négociations au Bourget, les 195 parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont adopté à l’unanimité, le 12 décembre 2015, le premier accord universel sur le climat.

Les principales conclusions de cet accord, dit historique, sont les suivantes :

  • Il confirme l’objectif premier : un maintien du seuil d’augmentation de la température en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et ramené idéalement à 1,5°C moyennant des efforts plus poussés.
  • En matière d’atténuation, le «plafonnement mondial des émissions» devra être atteint «dans les meilleurs délais» et les pays viseront la neutralité des émissions dans la seconde partie du siècle. L’accord invite tous les pays à publier des stratégies nationales afin de présenter en détail la manière dont ils envisagent de respecter leurs engagements.
  • L’accord souligne qu’une partie du Fonds vert devra être consacrée à la question de l’adaptation, c’est-à-dire l’aide apportée par les pays développés aux pays les plus touchés par les changements climatiques. Un mécanisme de transferts de technologie a également été évoqué pour mieux lutter contre les conséquences du réchauffement climatique.
  • Face au climat, les pays ont une responsabilité partagée mais différenciée, en fonction notamment de leur responsabilité historique et de leur niveau de développement. L’accord stipule que les pays développés devraient «continuer de montrer la voie en assumant des objectifs de réduction des émissions en chiffres absolus». Les pays en développement, quant à eux, «devraient continuer d’accroître leurs efforts d’atténuation (…) eu égard aux contextes nationaux différents». Enfin, «un soutien doit être apporté aux pays en développement» par les nations économiquement plus avancées, souligne l’accord.
  • En ce qui concerne le financement, l’accord reconnaît que 100 milliards de dollars, en prêts et en dons, devront être consacrés chaque année, à partir de 2020, à financer des projets permettant aux pays les plus touchés de s’adapter aux changements climatiques (sécheresses, inondations, montée des eaux, …) ou de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Certains pays en développement, «sur une base volontaire», pourront également apporter des ressources financières pour aider les pays les plus pauvres.
  • Pour favoriser la transparence, l’accord prévoit un mécanisme de suivi des engagements tous les cinq ans dès 2025, l’accord devant entrer en vigueur en 2020. Ces suivis permettront de réviser les différentes contributions à la hausse, conformément au «principe de progression». Par ailleurs, un premier rendez-vous entre les parties signataires est déjà fixé à 2018 afin de faire le point sur l’état d’avancement des objectifs.
  • Enfin, concernant le prix du carbone, l’accord souligne l’utilité d’un encadrement afin d’inciter les acteurs à réduire leurs émissions. Cela confirme la dynamique lancée au début de la COP21 avec le Président de la République française et qui a déjà permis à plus de 60 Etats et collectivités territoriales d’instaurer un prix du carbone. L’accord entérine des mécanismes de transfert des réductions d’émissions de gaz à effet de serre dont les modalités seront définies pour la COP22, sur la base d’une participation volontaire des Parties.

Pour entrer en vigueur en 2020, l’accord devra être ratifié, accepté ou approuvé par un minimum de 55 pays, représentant au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.