Au Bpifrance Inno Génération, les 25 et 26 mai à l’AccorHotels Arena, les plus grands chefs d'entreprises avaient chacun 8 minutes chrono pour «changer le monde».

«L’énergie est au cœur d’une réinvention qui est probablement sans précédent», c’est avec ce constat qu’Isabelle Kocher, directeur général d’ENGIE, s’est adressée à l’audience. Une révolution qui s’explique notamment par le réchauffement climatique, «le premier défi réellement planétaire».

Le changement climatique est « une sorte d’invitation fondamentale générale à nous tous, tous les acteurs, les consommateurs, les producteurs, les industriels, les régulateurs, les associations à inventer autre chose». Et l’invention d’« autre chose », Isabelle Kocher en est persuadée, passe par «deux poumons indissociables» : «l’énergie et le digital». Le développement de solutions dans les énergies renouvelables comme le solaire ou les gaz verts et l’Internet des objets sont autant de preuves que le monde est déjà en transformation.

Leur potentiel est énorme. Isabelle Kocher prend l’exemple de l’énergie solaire, aux propriétés très attractives. C’est un gisement «quasiment inépuisable», «une heure d’énergie solaire sur la planète équivaut à peu près à une année de consommation mondiale». Contrairement aux énergies fossiles, elle est répartie uniformément sur la planète, laissant imaginer « un monde mieux équilibré d’un point de vue géopolitique».

Ce type d’innovation permet d’«entrevoir un monde assez différent (…) où l’énergie n’est plus synonyme de peur» et où l’on pourra «concilier ce qui paraissait inconciliable» : «amener de l’énergie à tout le monde (...) d’une manière qui soit soutenable».

Derrière l’engagement d’une femme il y a celui de près de 155 000 collaborateurs qui partagent une même vision. «ENGIE a décidé d’être un pionnier» de la transition énergétique, et s’y emploie entièrement. Le Groupe enclenche une stratégie industrielle consistant à céder 15 milliards d’euros d’actifs dans les énergies fossiles sur trois ans, pour en investir 22 «précisément dans les nouvelles énergies et les nouvelles solutions». Pour préparer le futur, ENGIE a également fait appel à ses actionnaires «qui ont accepté de baisser le dividende d’un tiers (…) pour dépenser l’équivalent dans l’innovation et la technologie».

Mais pour gagner le pari de la transition énergétique, il faut également «miser sur la communauté humaine» parce qu’un «Groupe c’est un édifice humain d’abord». Les «organisations pyramidales (…) qui ont très bien fonctionné dans des mondes centralisés » sont devenues obsolètes. Briser les barrières, favoriser l’action en prônant le droit à l’erreur, voilà ce qui constituera le grand Groupe de demain, dynamique, novateur et attractif pour les jeunes :

«Je voudrais au fond – si je caricature un peu – passer d’une culture où il est interdit de rater (…) à une culture où il est interdit de ne pas essayer. C’est ça la culture de l’innovation, la vraie».