Interview de Gérard Mestrallet par Jean-Paul Chapel dans Les 4 Vérités sur France 2 (Extraits)

 

Gérard Mestrallet : «Dans le domaine de la transition énergétique, il y a de l'emploi à créer»

Jean-Paul Chapel. Vous êtes le PDG d’ENGIE. ENGIE, c’est l’ancien GDF SUEZ et d’ailleurs pourquoi vous avez changé de nom ?

Gérard Mestrallet.Parce que le monde de l’énergie change, l’énergie connait une révolution qu’on appelle parfois la transition énergétique, ENGIE change également. Voilà donc un nouveau nom, une nouvelle orientation.

 

Le MEDEF ouvre son université d’été aujourd’hui avec le slogan «Formidable jeunesse». Au-delà du slogan, qu’est-ce que vous proposez aux jeunes qui nous écoutent aujourd’hui ?

Les entreprises peuvent proposer d’abord de l’emploi, pour qu’il y ait de l’emploi, il faut qu’il y ait des perspectives. Le chef de l’Etat m’avait demandé un rapport sur l’emploi et l’emploi notamment des jeunes et j’ai à proposer toute une série de mesures notamment pour l’apprentissage et l’alternance (…). Je crois qu’il faut aussi aborder l’apprentissage dans une dimension européenne et avec Pascal Lamy, nous réfléchissons à l’idée de ce qu’on appelle un Erasmus pro. Erasmus, c’était pour les étudiants qui allaient d’un pays à l’autre en Europe,  là ce seront des stagiaires qui feront des stages (…).

 

Concernant le pacte de responsabilité (…) il faut aussi que les entreprises maintiennent leurs engagements, c’est-à-dire il y a des contreparties aux 41 milliards d’allégements. Quelles sont les contreparties ?

Les entreprises embauchent, se développent, investissent évidemment lorsque les perspectives sont là, lorsqu’il y a des marchés (…). Donc je crois que la confiance peut s’installer, s’amplifier, à condition que les engagements soient tenus, c’est pour cela que je n’ai aucun doute sur le fait que l’engagement concernant le pacte sera tenu.

 

Oui, mais combien d’emplois ont été créés ou vont être créés du fait de ces allégements ?

ENGIE va par exemple embaucher cette année 9 000 personnes en CDI en France. Nous avons un programme sur 5 ans de 45 000 embauches en France, parce que dans le domaine des services, dans le domaine de la transition énergétique, il y a de l’emploi à créer (…).

 

Alors vous avez parlé de la transition énergétique, la conférence sur le climat aura lieu à Paris à la fin de l’année, ce qu’on appelle COP21, (…) il s’agit de limiter à 2 degrés supplémentaires le réchauffement climatique. Que peuvent faire les entreprises privées pour atteindre cet objectif ?

Pendant longtemps on a pensé que les entreprises trainaient des pieds sur cette question, que c’était des contraintes un peu politiques, écologiques, et c’est vrai à Copenhague, j’étais à Copenhague qui a été plutôt un échec, les entreprises trainaient des pieds, aujourd’hui ça a changé. Ca a changé car les entreprises considèrent qu’il y a un vrai risque écologique, un vrai risque climatique, un dérèglement considérable qui se traduirait par une catastrophe écologique qui serait aussi une catastrophe économique(…).

 

Concrètement comment on fait ?

Les entreprises prennent des engagements, alors évidemment chacune à son niveau, pour réduire leurs émissions de CO2. Le CO2, c’est l’ennemi, c’est le CO2 qui contribue au réchauffement climatique. Et qu’est-ce qui émet le CO2? C’est l’énergie notamment. L’énergie c’est plus de la moitié des émissions de carbone.

 

Par exemple vous, vous y participez ?

Alors nous, oui absolument, nous sommes un producteur d’énergie et nous faisons évoluer le mix énergétique de notre entreprise…

 

Vers des énergies renouvelables ?

Vers des énergies renouvelables, c’est-à-dire on utilise la nature, on utilise l’eau depuis longtemps par l’hydro-électricité, on utilise l’air avec le vent, les éoliennes et nous sommes le numéro 1 de l’éolien en France, le soleil, nous sommes le numéro 1 de l’énergie solaire en France, mais aussi pour la chaleur, le thermique. On utilise la chaleur du sous-sol pour chauffer, ça c’est la géothermie, la géothermie douce. On peut utiliser la chaleur du sous-sol pour produire de l’électricité, alors pas en France, mais on le fait en Indonésie par exemple (…).

Les 4 vérités - Gérard Mestrallet