Gérard Mestrallet, Président – Directeur Général de GDF SUEZComment GDF SUEZ vit la transition énergétique ?

La transition énergétique est naturellement une priorité pour GDF SUEZ. J’entends par là le développement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les technologies intelligentes.

Dans les énergies renouvelables, nous sommes de loin le leader en France pour l’éolien terrestre avec une capacité de 1 200 mégawatts soit l’équivalent de la puissance d’une grosse centrale nucléaire. Nous misons aussi beaucoup sur la biomasse et le développement du biométhane comme en témoigne l’inauguration d’aujourd’hui. La géothermie est également axe important de développement : notre siège à Bruxelles est même entièrement chauffé par l’eau captée en sous-sol.

Le deuxième pilier de cette transition repose sur les services d’efficacité énergétique. Nous sommes leader mondial dans cette activité. Les équipes du Groupe travaillent à l’optimisation des consommations ou à la gestion des flux d’énergies de nos clients particuliers mais aussi professionnels. Nous sommes par exemple spécialistes dans la gestion énergétique des grandes tours dans le monde entier comme celle de Burj Khalifa, à Dubaï, avec ses 828 mètres de hauteur. Parmi les 150 000 salariés du groupe, plus de 90 000 travaillent dans les services à l’énergie. Peu de gens le savent mais c’est un secteur créateur d’emploi. GDF SUEZ recrute en France chaque année 9 000 personnes en majorité dans ces métiers.

Enfin, troisième axe de cette transition : l’énergie connectée et les technologies intelligentes. Nous proposons déjà et continuons à développer des solutions innovantes, digitales, adaptées aux nouveaux modes de consommation d’énergie, plus décentralisés.


Avons-vous les moyens financiers de cette transition énergétique ?

Son rythme de développement va dépendre des incitations que décideront les pouvoirs publics. Je suis plutôt favorable à des aides qui subventionnent la recherche, le stockage de l’énergie que des aides pour le photovoltaïque par exemple. Cette technologie sera bientôt rentable. Mais bien sûr, chaque modèle aura son économie. Pour le biogaz, GDF SUEZ s’est fixé comme objectif de porter à 5% la part du biométhane dans le réseau de distribution du gaz naturel d’ici 2020. Certains scénarios estiment qu’en 2050 plus de 70% de gaz vert circulera dans les réseaux. Cette production renouvelable a le net avantage de fonctionner en continu contrairement à l’ énergie éolienne ou le solaire qui ne fonctionne pas la nuit.


Propos recueillis par Elisabeth BUREAU