Gérard Mestrallet, Président – Directeur Général de GDF SUEZ

 

Gérard Mestrallet, Président – Directeur Général de GDF SUEZ

«Le projet de loi sur la transition énergétique est un texte ambitieux et équilibré qui inscrit la France dans la dynamique nécessaire au sein de l’Union Européenne. La transition énergétique est déjà une réalité en Europe. Les équipements de production d’énergie renouvelable deviennent toujours plus accessibles dans les territoires, au plus près des consommateurs. Le croisement des technologies énergétiques et digitales permet à chacun de gérer sa consommation d’énergie. Ce modèle énergétique plus décarboné, décentralisé et digitalisé constitue une transformation irréversible qui doit être encadrée au plan national.

C’est l’objet du projet de loi sur la transition énergétique. Il rappelle l’importance de l’échelon national, garant de la cohérence de la transition énergétique sur l’ensemble du territoire, et promoteur d’une croissance durable, propre et riche en emplois non délocalisables. Cette dimension nationale doit elle-même s’inscrire dans un projet européen ambitieux posant les jalons d’un marché de l’énergie réellement intégré, respectueux des équilibres économiques, sociaux et environnementaux. La définition d’un cadre harmonieux favorisant l’articulation de ces différentes échelles territoriales dans la transition énergétique permettra que ce nouveau modèle énergétique soit soutenable et durable».

Projet de loi sur la Transition énergétique : GDF SUEZ prend parti

Deux thèmes chers à GDF SUEZ sont mis en avant par le projet de loi actuellement à l’étude au Parlement. L’attention portée à la rénovation énergétique des bâtiments fait écho au «passeport rénovation» promu par le Groupe.  GDF SUEZ soutient également les annonces de moyens accrus pour la production de chaleur et de gaz renouvelables, signe que la transition énergétique concerne bien toutes les énergies, et pas seulement l’électricité. Pour le Groupe plusieurs points du projet de loi, appellent néanmoins une attention particulière afin de garantir sa pleine réussite.

 

1.      Inscrire la transition énergétique dans un projet européen

Le projet de loi national, garant de la cohérence de la transition énergétique sur l’ensemble du territoire, et promoteur  d’une croissance durable, propre et riche en emplois non délocalisables. Cette dimension nationale doit elle-même s’inscrire dans un projet européen ambitieux posant les jalons d’un marché de l’énergie réellement intégré, respectueux des équilibres économiques, sociaux et environnementaux. La définition d’un cadre harmonieux favorisant l’articulation de ces différentes échelles territoriales et politiques dans la transition énergétique permettra que ce nouveau modèle énergétique soit soutenable et durable.

2.      Favoriser les énergies les moins carbonées

L’objectif de réduction des consommations d’énergies fossiles fixé par le projet de loi s’inscrit dans celui, plus large, de lutte contre le changement climatique.  C’est bien en incitant à réduire en priorité les énergies les plus émettrices et en prenant en compte les énergies fossiles consommées pour produire de l’électricité que cet objectif sera efficace et cohérent avec les ambitions européennes. Le gaz naturel, en tant qu’énergie flexible et peu émettrice de CO2, a toute sa place dans une transition énergétique réussie. GDF SUEZ soutient les annonces de moyens accrus pour la production de chaleur et de gaz renouvelables.

3.      Développer le gaz naturel et le Biométhane dans le secteur des transports

La transition énergétique doit s’appuyer sur la pluralité des solutions alternatives de mobilité qui existent pour améliorer la qualité de l’air et de réduire les émissions de CO2. Le carburant gaz naturel et le bio-méthane offrent en effet, à un coût maitrisé et avec des technologies éprouvées, l’accès à une mobilité propre pour le transport, en réduisant considérablement les émissions de particules fines par rapport au diesel.

4.      Simplifier les règles sur le développement des énergies renouvelables

Pour GDF SUEZ la loi doit permettre une simplification des règles encadrant l’implantation des énergies renouvelables. Pour l’éolien terrestre, une «autorisation unique» fondée sur la législation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et à la suppression du permis de construire, conférerait aux acteurs concernés une visibilité accrue. Cette mesure permettrait de remplir les objectifs ambitieux de déploiement des énergies renouvelables fixés par la loi, avec des délais et des coûts de construction comparables à ceux des pays voisins.

5.     Compléter les tarifs sociaux

Les ménages en situation de précarité énergétique ont le droit de bénéficier de tarifs sociaux pour l’électricité et le gaz naturel. Ces dispositifs, qui n’ont cessé d’être améliorés depuis leur création, fonctionnent bien, puisque 2,6 millions de foyers en bénéficient actuellement, soit 1 million de plus qu’en fin d’année 2013. En plus de faire baisser la facture des ménages concernés, ce dispositif présente l’avantage de la simplicité, puisque ces derniers n’ont aucune démarche à entreprendre.

Le projet de loi prévoit d’introduire un dispositif de chèque-énergie envoyé aux clients en situation de précarité, pour payer leurs dépenses d’énergie pour le logement ou leur permettre de financer des travaux d’efficacité énergétique. GDF SUEZ s’associe pleinement à ce double objectif, mais considère  néanmoins qu’un tel dispositif de chèque-papier doit venir compléter, et non se substituer aux tarifs sociaux actuels, sous peine de perdre le bénéfice de leur automaticité et risquer in fine de diminuer le nombre de ménages protégés.