Discours de Gérard Mestrallet, Président-Directeur Général d’ENGIE, à l'occasion du Climate Finance Day organisé à l’Unesco, à Paris.

Interview de Gérard Mestrallet dans le cadre du Climate Finance Day

Climate Finance Day - Paris 2015 Comment la finance peut-elle se mobiliser en faveur du climat ?

La mobilisation du secteur financier privé est indispensable pour rassembler des capitaux à grande échelle et atteindre l’objectif de limiter le réchauffement à 2 degrés. Aujourd’hui, les financements privés ne s’orientent pas assez vers les actifs « bas carbone » et le financement des projets moins émetteurs de carbone rencontre des obstacles.

Le secteur financier, avec au premier plan l’industrie financière française, qui représente 1,2 million d’emplois,  propose d’agir sur trois leviers prioritaires : tout d’abord, définir un prix du carbone, véritable boussole du climat et organiser un marché mondial efficace. Ensuite, réduire l’empreinte carbone des portefeuilles des grands investisseurs que sont les assureurs, les fonds de pension ou les gérants d’actifs. Certains fonds d’investissement internationaux le font déjà. Enfin, proposer de nouveaux canaux et véhicules de financement de la transition énergétique, répondant au passage à l’impératif du développement de l’épargne longue. Les Green bonds en sont un bel exemple : le marché a explosé, il s’est multiplié par dix en un an ! Et je me réjouis qu’à l’occasion de ce Climate Finance Day, les acteurs de la place, sous l’égide de Paris Europlace, publient un guide pour montrer leur leadership et leur expertise sur le marché des Green bonds.

Quels seront les grands thèmes de cette journée ?

Le  Climate Finance Day a deux objectifs principaux : le premier est de mettre en lumière les initiatives pionnières dans le domaine de la protection de l’environnement. Par exemple, pour décarboner des portefeuilles, il y a l’initiative d’un fonds norvégien d’exclure de son portefeuille 22 entreprises impliquées dans des secteurs fortement polluants. On assiste aussi à un foisonnement de fonds d’investissement dédiés à l’environnement, portés par des banques de financement, ou des sociétés de gestion associées à de grandes entreprises. Le second est d’encourager le secteur financier dans son ensemble à prendre exemple sur ces expériences et à développer celles qui sont les plus opérantes pour que le secteur se dote progressivement d’outils et de normes pertinentes.

Par ailleurs, cet événement traitera quatre questions principales :

  • Comment les investisseurs institutionnels peuvent-ils orienter la gestion de leurs portefeuilles en faveur du climat ?
  • Quels sont les outils bancaires et financiers qui permettent de financer des projets verts ?
  • Comment la finance et l’assurance peuvent-elles prendre en compte les risques climatiques pour les prévenir et s’y adapter ?
  • Quelles sont les politiques financières innovantes en cours à travers le monde qui créent un système financier plus favorable aux financements climatiques ?

Le Climate Finance Day va concourir à démontrer l’implication forte du secteur financier qui veut prendre sa part dans l’engagement international en faveur du climat.

  

Le Climate Finance Day s’est tenu le 22 mai à l’Unesco, à Paris, au lendemain du Business and Climate Summit. Il est organisé par Paris Europlace en partenariat avec la Caisse des dépôts et la Banque Européenne d’Investissement.

L’événement met en place un dialogue constructif et durable entre la communauté financière, les entreprises, les gouvernements et les institutions internationales et marque pour la première fois l’engagement de la finance à l’échelle internationale dans la lutte contre le changement climatique, en amont de la Conférence annuelle des Nations Unies sur le Climat, la COP21.

   

Trois questions à Gérard Mestrallet