Interview de Thomas Peaucelle pour La Tribune (Extraits)

 

Thomas Peaucelle, directeur général délégué de Cofely Ineo La révolution numérique a-t-elle changé le métier de Cofely Ineo ?

Nous avons la chance d’avoir deux métiers : des activités historiques d’installation de proximité d’une part et, de l’autre, des activités technologiques (télécoms et informatique), qui nous mettent au cœur de la convergence actuelle. Confrontés à la révolution numérique et à ce qu’elle peut apporter, nos clients sont en effet aujourd’hui à la recherche d’optimisation. Il ne s’agit plus d’acheter un produit, ni même un service ; nous parlons désormais d’une économie «d’usages».

Par ailleurs, de nombreux thèmes de la ville sont liés entre eux : l’énergie, les émissions de CO2 et la santé, par exemple, […] ou encore la démographie, la mobilité, l’emploi et, une fois de plus, la santé. Il n’est donc plus possible de travailler en «silo», d’autant que le propre du numérique, c’est précisément de permettre de relier toutes les données dans tous ces secteurs.


Concrètement, qu’est-ce que ce constat veut dire pour votre entreprise ?

À partir de notre vision, nous lançons de nouveaux outils qui la mettent en œuvre. Ainsi, à l’occasion du Salon des maires et des collectivités locales, qui se tiendra les 25, 26, 27 novembre à la Porte de Versailles, Cofely Ineo dévoilera un nouveau «tableau de bord» permettant aux autorités locales de croiser de multiples données : éclairage dans certains quartiers, mains courantes à la station de police locale et vidéo protection, le tout sur une carte de la ville. Ou, selon le même schéma : eaux, déchets et environnement. Ou encore : eau, santé des populations fragiles et canicule. De même, nous avons déjà inauguré, dans une zone spécifique de Toulouse, de nouveaux outils de type «smart grid» (réseau intelligent), liant la production d’énergie solaire et éolienne et le stockage sur batteries, pour un système d’optimisation de la consommation d’énergie. Et nous réfléchissons à l’étendre à toute la ville.

Notre stratégie est donc de dire aux villes que nous comprenons les nouveaux enjeux, et que nous avons les outils pour ces nouveaux usages, notamment via la collecte de données. […]


Comment développez-vous ces nouveaux outils ?

Nous mettons les équipes en position d’innovation. Au-delà de profiter d’une culture d’entreprise fondée sur la passion d’entreprendre, qui fait que nos managers sont très autonomes, nous pensons que l’innovation doit naître dans chaque entité. Nous n’avons pas créé de direction de l’innovation. Nos managers ont certes des objectifs, mais nous présupposons qu’ils savent faire leur travail.

Pour développer l’innovation, pour leur inculquer ce sens de l’innovation, nous venons régulièrement les voir pour parler librement de tout. De tout, sauf de chiffres. Nous parlons d’idées et de projets. Il s’agit d’être flexibles, inventifs. Et si, avec ce système, nous inventons deux fois le fil à couper le beurre, c’est mieux que d’être passés à côté ! Il nous faut en tout cas impérativement développer de nouveaux outils, puisque ce sont ces nouveaux outils qui généreront de nouveaux usages, eux-mêmes porteurs de nouveaux flux financiers pour l’entreprise.