Pour Isabelle Kocher, la viabilité de la transition énergétique repose sur le gaz naturel, une conviction « confortée par les scénarios élaborés par les experts sur la transition énergétique ou les changements de stratégie en cours dans le secteur de l’énergie ».

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Isabelle Kocher

Tribune publiée le 19 septembre 2017 sur LinkedIn Influenceurs(extraits)

[…] Les défis sont nombreux, pour lesquels les réponses sont encore loin d’être évidentes : comment minimiser l’impact économique et social de la transition énergétique ? Comment éviter que les infrastructures existantes ou celles construites dans les premières années de la transition se transforment en actifs échoués (stranded assets) pour les collectivités et les gestionnaires, ce qui aurait un coût significatif pour chacun d'entre nous ? Comment pallier l’intermittence des énergies renouvelables ? Et bien d'autres encore.

À chacun de ces défis, les acteurs énergétiques prétendent apporter des solutions très différentes. Pour ma part, je suis convaincue que la viabilité de la transition énergétique repose aussi sur une source d’énergie essentielle : le gaz.

Gaz naturel aujourd’hui, gaz vert demain. Cette conviction est confortée par les scénarios élaborés par les experts sur la transition énergétique ou les changements de stratégie en cours dans le secteur de l’énergie. Comme le rappelle le Financial Times dans un article paru début septembre « Big oil bets on a dash for gas », « les entreprises qui voyaient auparavant dans le gaz naturel le parent pauvre de « l’or noir » misent à présent sur le gaz pour garantir leur avenir dans un monde en voie de décarbonisation ».

Cela peut paraître surprenant dans la mesure où le gaz fait encore aujourd’hui partie des énergies fossiles. Cependant plusieurs arguments permettent de considérer le gaz naturel comme la clé de voûte de la révolution énergétique. […]

Le substitut aux énergies polluantes

Prenons d'abord les scénarios élaborés par les experts (AIE, ADEME, Negawatt…) pour contenir le réchauffement climatique dans la limite des 2°C : tous font largement appel au gaz naturel pour décarboner rapidement le système énergétique.

Les experts estiment que dans un premier temps il sera nécessaire de substituer le gaz au charbon dans la production électrique.

Les centrales au gaz émettent en effet beaucoup moins (jusqu’à 80 % de CO2 et d’oxyde d’azote (NOx) de réduction) que les centrales au charbon et presqu’aucune particule fine.

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Le gaz devrait également jouer un rôle majeur dans la décarbonisation du secteur des transports, responsable de 23 % des émissions mondiales de CO2. Alors que ce secteur repose à 95 % sur des carburants issus du pétrole, il existe des carburants alternatifs matures bien moins polluants. […]

L’allié des énergies renouvelables

Par ailleurs, le gaz naturel est appelé à jouer un autre rôle, essentiel, dans la transition énergétique : l’intégration de plus en plus massive des énergies renouvelables dans le système énergétique, énergies pour la plupart intermittentes.

Qu’entend-on par énergies intermittentes ? Il s’agit des énergies dont la production est variable, discontinue et non programmable. Elles dépendent de ressources extérieures et bien souvent, se trouve dé-corrélées de la demande. C’est le cas de l’énergie solaire (ensoleillement) et de l’éolien (vent). Par exemple, au Royaume-Uni, la part de l’énergie solaire dans l’électricité produite au cours d’une journée peut varier de 20 %, lors d’une journée d’été ensoleillée, à presque 0 % lors d’une sombre journée d’hiver.

Dans un système énergétique reposant de plus en plus sur les énergies renouvelables intermittentes, la question de l’équilibrage devient cruciale.

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Le verdissement du gaz

Mais alors, le système énergétique ne sera-t-il jamais entièrement renouvelable, puisqu’il faudrait toujours compter sur le gaz pour en assurer la « colonne vertébrale » ?

Il est sans doute tout à fait possible de parvenir à un scénario 100 % renouvelables. Le gaz est déjà en partie vert aujourd’hui et il pourrait devenir totalement vert et ne plus émettre aucun CO2 d’ici aux années 2050.

Grâce au biogaz et au biométhane produits à partir de déchets organiques ou de la biomasse. Des essais sont en cours afin de produire également du gaz vert à partir de micro-algues. Grâce également à de l’hydrogène renouvelable, produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité d’origine renouvelable, qu’on appelle aussi le Power to Gas.

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