Pour Isabelle Kocher, Directeur Général d’ENGIE, « plus personne n'a le pouvoir d'arrêter la révolution énergétique ».

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Tribune publiée le 27 avril 2017 sur LinkedIn Influenceurs (extraits)

Isabelle Kocher, Directeur Général d’ENGIE

Qui peut arrêter la révolution énergétique ?

Les négociations internationales sur le changement climatique ont longtemps ressemblé à un exemple classique de la théorie des jeux. Vous connaissez sans doute cette théorie, devenue célèbre grâce à l’exemple du dilemme du prisonnier formulé par John Nash. Le célèbre mathématicien avait montré comment, dans certaines situations, les décisions rationnelles prises par les acteurs en présence dans la poursuite de leurs intérêts conduisent inévitablement à la pire des situations possibles. Pire encore, une fois dans cette situation, il est quasiment impossible d’en sortir.

[…] L'Accord de Paris est venu ébranler cet équilibre désastreux. Presque tous les pays du monde ont fini par reconnaître qu’il existait entre eux une solidarité de fait et cette brutale et inattendue prise de conscience a mis un terme à la dynamique fatale qui commandait alors aux négociations internationales sur le climat. Le changement a été particulièrement visible pour les pays qui émettaient le plus de carbone et avaient toujours été de farouches opposants aux traités internationaux sur le sujet. Avec la signature de l’Accord de Paris, plus rien ne semblait entraver la route de la révolution énergétique.

Malheureusement, il n'a pas fallu attendre longtemps avant que certains événements politiques ne viennent semer le trouble et assombrir les perspectives futures. Alors que le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, avait promis durant sa campagne électorale de se retirer de l’Accord de Paris ou que la question de la révolution énergétique est singulièrement absente des débats entre candidats à l’élection présidentielle en France, doit-on craindre l’éternel retour de la défiance et de l’attentisme ? La transition énergétique connaît-elle un brusque coup d’arrêt ?

Étant donné les difficultés passées, je peux comprendre ces craintes. Néanmoins la situation a radicalement évolué depuis les premières tentatives infructueuses de lutte contre le changement climatique. La révolution énergétique est déjà en marche et elle accélère le pas chaque année. Certes, elle peut se trouver ralentie dans certaines régions du monde du fait des incertitudes politiques, mais nous ne sommes plus dans la situation où des acteurs isolés, quelle que soit leur importance, aient le pouvoir de l'arrêter définitivement. […]