Après avoir participé à la conférence environnementale en septembre dernier, quels sont selon vous les enjeux prioritaires de la transition énergétique pour les maires ?

Lors de la conférence environnementale, le Président de la République a insisté sur l’enjeu économique d’inscrire la sobriété énergétique au cœur de notre croissance, la transition énergétique constituant la solution «afin de lutter contre le réchauffement climatique tout en réduisant la facture énergétique du pays». Par leurs compétences directes, notamment en matière de distribution d’énergie mais aussi à travers l’ensemble de leurs politiques publiques (logement, transport, Plan Climat Énergie Territorial, etc.), les communes disposent des capacités d’action nécessaires pour la mise en œuvre de la transition énergétique dans les territoires. Le projet de loi de décentralisation envisage de donner davantage de responsabilités aux régions dans les domaines Énergie- Climat. L’Association des maires de France estime, au contraire, que le rôle du bloc local doit être réaffirmé et renforcé. En effet, les communes et intercommunalités ne sauraient être considérées comme de simples exécutantes alors que la transition énergétique suppose au contraire de renforcer l’ancrage territorial de ces politiques et la participation des habitants.

Par ailleurs, l’AMF est très attachée au maintien de la péréquation tarifaire nationale de l’énergie qui constitue un véritable outil de solidarité sociale et entre territoires urbains, ruraux et ultramarins.

Pour les communes, un autre défi et non des moindres est celui de la rénovation thermique de leurs bâtiments. Pour cet immense chantier, des solutions d’assistance technique financière doivent absolument être développées, en particulier pour les projets de petite ou moyenne ampleur qui constituent la grande majorité des cas.

 

De votre point de vue, de quelle manière les maires peuvent-ils sensibiliser leurs concitoyens aux enjeux énergétiques du futur ?

Plus qu’une prise de conscience, c’est une quasi-révolution culturelle qu’il faut mettre en œuvre. Par leur proximité, les maires sont bien placés pour sensibiliser les habitants à la préservation des ressources naturelles. Pour les amener à changer leur manière de consommer l’énergie, les maires peuvent s’appuyer sur des partenariats mais aussi faire force d’exemple en s’engageant dans un Plan Climat ou un Agenda 21 local en s’appliquant à y associer largement la population. Le nombre de foyers en situation de précarité énergétique s’accroît. Il est donc parfaitement essentiel de trouver les moyens d’intervenir le plus en amont possible par des actions de prévention ayant pour objectif de baisser les consommations et donc les factures. Pour financer les actions de lutte contre la précarité énergétique, une piste pourrait être de renforcer, pour les communes, les retombées économiques liées au développement des énergies renouvelables.

 

Comment capitaliser ces futures mutations en termes d’emplois dans les territoires ?

La transition énergétique devrait générer le développement de nouveaux projets et métiers au cœur des territoires. Le développement des énergies renouvelables et des réseaux de chaleur durables requiert des compétences nouvelles et de l’expertise. Le développement d’une offre de services en matière d’efficacité énergétique devrait constituer un vivier d’emplois, non délocalisables, et dynamiser le tissu économique local tout en contribuant aux objectifs de la transition énergétique. Il est aujourd’hui important de travailler avec l’ensemble des acteurs concernés pour que la transition énergétique devienne un véritable atout de développement économique local.