Brigitte Bariol-Mathais, urbanisteErik ORSENNA : Comment la mobilité est-elle prise en compte dans les projets d’urbanisme ?

Brigitte BARIOL-MATHAIS : La ville et le territoire, c’est du flux. Il faut penser les territoires par la mobilité, avec toute la diversité de ces mobilités. Il faut trouver dans les espaces péri-urbains ou les villes moyennes, des modes alternatifs pour ne pas avoir que du tout-voiture, mais faciliter une mobilité plus simple, la marche à pied, le vélo, le co-voiturage, et aussi les trajets de longue distance. Les territoires doivent s’organiser en fonction des interfaces avec la mobilité. Le TGV va permettre le rapprochement d’Angoulême de la ville Bordeaux. Cela par exemple va générer un bassin de l’emploi plus large. Il faut aussi briser les rapports institutionnels qui régissent les transports : un citoyen qui veut se déplacer n’a pas à savoir qui est responsable de quel mode de transport mais que ce soit fluide, lisible et simple pour lui.

 

E.O. : Nous avons traditionnellement une vision «fixe» du territoire, alors qu’il est désormais animé par les réseaux. A ce sujet, il faut lire le formidable livre d’Olivier Mongin, «La ville des flux» dans lequel l’auteur affirme que les flux l’emportent sur le site. Que pensez-vous des nouvelles données de l’énergie ?

B.B-M. : L’énergie comme le logement pèse beaucoup sur le budget des ménages. En urbanisme, on n’en n’a pas pris l’habitude, mais ça vient, d’avoir une approche globale des budgets intégrant mobilité, logement, énergie. C’est une approche par les besoins des individus qu’il s’agit de privilégier et non par les sites.