Nicholas You, président du Conseil de Stratégie UrbaineErik ORSENNA : Quelle synthèse faites-vous du tour d’horizon des villes dans le monde en 2013 selon les experts du Conseil de Stratégie Urbaine ?

Nicholas YOU : La synthèse se résume en un seul mot : convergence. Que ce soit des femmes travaillant avec les pauvres dans les bidonvilles en Afrique, des experts se penchant sur le plan d’urbanisme d’une ville au Mozambique ou sur les questions de l’habitat et du logement au Mexique, tous convergent vers l’idée qu’une nouvelle façon de penser les problèmes s’impose aujourd’hui.

 

E.O. : Partout, les populations commencent à exprimer des revendications de plus en plus fortes. J’ai été frappé par le représentant suédois du CSU affirmant que le modèle d’intégration des émigrés mis en place par son pays est considéré comme excellent, or il ne fonctionne pas. Ne pensez-vous pas que, du Brésil au Luxembourg, la ville devient le cœur de la contestation et l’enjeu même de ces contestations ?

N.Y. : La ville est devenue un animal très complexe, à la fois politique, social, culturel, où il ne suffit plus de faire du «service de base». Les populations veulent une ville meilleure où santé et éducation soient gratuites… Ce mandat aux villes doit changer car les Etats ne peuvent plus répondre à ces problèmes.

 

E.O. : Les états centraux, quels qu’ils soient, sont effectivement accablés par les dettes et les problèmes qu’ils ne peuvent pas résoudre. Tout cela repose sur les villes, lieu de vitalité. Il nous faut réfléchir à un autre système à mettre en place.

N.Y. : Cette réflexion fait partie des trois temps forts de la rencontre du CSU à Paris. Les échanges ont mis en perspective ces difficultés dans la mise en œuvre du développement de la ville durable. Nous avons pu ouvrir des pistes en visitant Climespace, spécialiste des réseaux de froid urbain, délégataire de la ville de Paris, et nous avons pu rencontrer et échanger avec plusieurs maires français. Les experts réunis au sein du CSU sont familiers des défis qui sont ici posés. Notre objectif est désormais de trouver des solutions qui s’inscrivent dans la réalité.