Philippe Lavaud, maire d’AngoulêmeErik ORSENNA : Pouvez-vous nous présenter Angoulême ?

Philippe LAVAUD : Capitale internationale de la bande dessinée, Angoulême est une ville de 45 000 habitants, symbole de toutes ces villes moyennes qui maillent la France entière. C’est une des caractéristiques de notre territoire par rapport à d’autres pays européens où les métropoles sont très prédominantes. En France, c’est tous les 100 km que l’on trouve une ville moyenne. Réfléchir dans la perspective d’un grand Groupe comme ENGIE, c’est comprendre comment les besoins de nos concitoyens que nous essayons d’anticiper peuvent trouver un écho auprès d’investisseurs économiques. Ceux-ci, sur le terrain, peuvent donner corps et réalité aux ambitions politiques des élus. C’est cet échange qui est pour nous le plus important.

 

E.O. : La question de la mobilité est au cœur de vos priorités. A double point de vue : mobilité de votre territoire à vous et à la fois l’opportunité et la menace, d’être bientôt joint par un TGV qui va mettre Bordeaux à 35 minutes. Comment la mobilité, et donc les transports maillent-ils ou ne mailent pas les territoires ?

P.L. : La mobilité est inscrite dans les principes fondamentaux de la liberté. Le fait de pouvoir se déplacer doit être offert à tous citoyens quelles que soient ses origines et ses moyens. C’est ce qui lui permet d’accéder à l’éducation, à l’emploi, aux loisirs, à tout ce qui fait une vie sociale. Ce rapprochement d’Angoulême avec des lieux de décisions comme Paris, Bruxelles, ou Bordeaux, permet de mettre des services nouveaux à disposition de nos concitoyens. Faire que l’on se déplace mieux, c’est aussi dégager du temps disponible pour faire autre chose, pour s’épanouir dans la culture, dans le sport, dans le travail ou la vie familiale.

 

E.O. : On a aujourd’hui plus de liberté par rapport à l’énergie. Les nouvelles données de l’énergie ?

P.L. : Les familles elles-mêmes gèrent de mieux en mieux la question de l’énergie dans leur logement. Mais il faut continuer à ce que chacun prenne conscience de ce qu’est la production de l’énergie, des infrastructures qu’elle nécessite en amont et du coût qu’elle représente sur un budget familial et sur celui des collectivités. Nous avons les moyens aujourd’hui de produire de l’énergie, avec notamment le développement des bâtiments passifs, eux-mêmes producteurs d’énergie. Il faut également que nous poursuivions nos efforts pour développer des énergies plus propres, promouvoir l’économie circulaire pour que chaque citoyen devienne un acteur de sa consommation.

 

E.O. : La vision de la France très centralisée avec une production d’énergie égale d’une région à une autre est à remettre en cause. Comment gérez-vous cette évolution dans la production d’énergie ?

P.L. : Tout d’abord, nous travaillons à l’échelle des quartiers, de façon très concrète. Cela passe par le traitement et la valorisation des ordures ménagères ou encore la méthanisation de l’énergie qui va permettre une réduction de la facture énergétique des foyers. C’est du gagnant sur tous les tableaux. A terme, on paiera moins de taxes sur les ordures ménagères et on paiera moins cher l’énergie parce qu’on la produira.