Sara Topelson de GrinbergErik ORSENNA : Le Mexique n’est-il pas à la fois un pays rural et extrêmement urbanisé, avec notamment Mexico City ?

Sarah TOPELSON DE GRINBERG : Au Mexique, il y a 138 villes de plus 50 000 habitants et 11 métropoles de plus de 1 million. 75% de la population est urbaine, en avance sur la tendance mondiale. La question se pose de maintenir une population rurale. Le gouvernement mexicain a donc décidé de ne pas étendre davantage les villes tout en les développant.

 

E.O. : Il n’y a donc plus de subventions en dehors de la ville, ce qui est extrêmement courageux de la part des élus, et c’est aussi très nouveau. La particularité du Conseil de Stratégie Urbaine est de voir partout dans le monde des solutions. Celle-ci est particulièrement intéressante. On densifie la ville en terme de population au kilomètre carré mais en même temps en tant que services, amélioration de la qualité, développement d’activités culturelles aussi…

S.T-D-G. : Jusqu’à présent, l’extension s’est faite avec des logements. La tendance actuelle est de bâtir à l’intérieur de la ville, de créer de vrais quartiers c’est-à-dire d’aménager la ville avec des lieux d’échange et de vie. Cela signifie construire des crèches, des parcs, des universités… avec une vraie mixité fonctionnelle. Bouger et vivre dans le quartier sans avoir à prendre la voiture. Les actions sont menées pour développer une certaine mixité sociale, pour tisser des liens. La structure sociale est en effet plus forte quand les personnes se connaissent.

 

E.O. : Comment le gouvernement mexicain maîtrise t-il le foncier ?

S.T-D-G. : Le gouvernement mexicain accorde des subventions aux constructions situées exclusivement à l’intérieur des villes. Je travaille avec le ministre de la ville, en veille sur les solutions viables à apporter pour notre pays. C’est la raison pour laquelle les discussions qui sont menées au sein du CSU sont si passionnantes.