Thelma Awori, ProfesseureErik Orsenna : Vous travaillez auprès des femmes en Afrique. Que vous ont-elles appris ?

Thelma AWORI : Les femmes africaines, en particulier au Libéria où j’interviens, sont économiquement actives et sont ainsi les gardiennes de l’économie. Je le fais au Liberia. Elles interviennent sur les marchés, qui sont au cœur de l’activité de chacun. Je les aide à obtenir des conditions de travail optimales, dans un lieu sain, avec notamment de l’eau et des toilettes. Je participe également à des opérations d’alphabétisation et à la mise en place de système de micro-crédits, indispensable au développement de l’activité. Car la plupart du temps, elles n’ont pas accès aux banques. Or elles ont besoin de fournitures, d’équipements et de locaux pour entreposer la marchandise afin d’éviter de la transporter chez elles.

 

E.O. : Quelles sont vos motivations au sein du Conseil de Stratégie Urbaine d’ENGIE dont vous êtes membre ?

T.A. : Je contribue à ce que les thèmes de réflexion et d’intervention d’ENGIE correspondent bien aux attentes des populations urbaines sur le terrain. ENGIE, c’est l’eau, l’énergie, les énergies renouvelables… et également une expertise en valorisation des déchets. Or sur les marchés, nous sommes justement confrontés à la problématique de la gestion de ces déchets. Il est ainsi possible de les collecter pour les transformer en électricité. Nous y réfléchissons. Je m’intéresse également aux partenariats opérationnels et commerciaux que noue GDF SUEZ et dans quelle mesure ils peuvent être peut être mis à profit pour développer des technologies plus appropriées et moins coûteuses en direction des pays du Tiers Monde.

 

E.O. : Quels sont les grands défis que le Libéria doit relever selon vous ?

T.A. : Les déchets, particulièrement les déchets produits par les villes : voilà le grand challenge des années à venir ! Actuellement, la création d’une filière de gestion et de recyclage en Afrique est en cours de réflexion. Comment les valoriser ? Comment les transformer en énergie ? ENGIE participe à ces réflexions, ce qui permet au Groupe de se situer très en amont sur les projets. Au Liberia, nous essayons ainsi, nous aussi, de contribuer à penser et créer la ville de demain.