Tribune de Jean-Marc Leroy

Quel est le rôle du Comité pour l’Éthique, l’Environnement et le Développement durable (CEEDD) au sein du Conseil d’Administration ? Quelles sont ses priorités ?

Le rôle du CEEDD d’ENGIE se distingue tant par la place qu’il occupe au sein du Conseil d’Administration que dans la façon dont il traite les sujets le concernant. Les thématiques étudiées par le CEEDD sont d’ailleurs mentionnées dans le règlement intérieur du Conseil d’Administration du Groupe.

Le Comité s’assure que la démarche de responsabilité du Groupe est intégrée à l’ensemble de ses décisions stratégiques et déployée à tous les niveaux. Il garantit également, pour le compte du Conseil, le suivi de thématiques particulières, en lien avec l’actualité réglementaire et sociétale, inséparables du développement pérenne du Groupe.

Les priorités du CEEDD concernent l'implication générale d’ENGIE pour les questions d’ordre éthique, la conformité aux aspects non-financiers, la responsabilité sur l'environnement, la société et son devoir social en tant qu'employeur. Ce dernier point est primordial, puisqu’il a été renforcé en 2017. Le CEEDD veille ainsi à traiter le sujet des ressources humaines en profondeur. À titre d’exemple, une attention particulière a été portée cette année aux enjeux d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Le Comité s’est aussi penché sur le risque lié aux enjeux sociaux du plan de transformation – notamment avec la cession de la participation d’ENGIE dans l’entité Exploration & Production International – l’évolution de la culture santé-sécurité-sûreté du Groupe et son bilan chiffré. Le Comité a également examiné le sujet de la protection des données personnelles et les projets de nouvelles politiques comme celles de la RSE et du processus de lancement d’alerte.


En tant qu’Administratrice, quelle évolution avez-vous observée dans la prise en compte d’éléments non financiers au sein du Conseil d’Administration, voire des sujets d’integrated thinking (pensée intégrée) ?

Bien que la France ait de l’avance en matière de reporting intégré, encore peu d’entreprises présentent les indicateurs extra-financiers au même niveau que les indicateurs financiers. ENGIE est un leader en la matière, un positionnement que le Conseil d’Administration tient à préserver et à renforcer chaque année. Je pense que la « pensée intégrée » a toujours été importante pour le Conseil d’Administration, mais elle est d'autant plus fondamentale aujourd’hui que l’une des fonctions essentielles du Conseil est de définir une stratégie qui soit créatrice de valeur pour ENGIE et l’ensemble de ses parties prenantes. La démarche de « réflexion intégrée » engagée s’inscrit ainsi dans cette perspective. Elle permet de déterminer la vision à long terme de l’entreprise et l’exprimer de manière claire auprès du marché.

Cet engagement est mis en pratique au sein de la gouvernance du Groupe : le CEEDD rend compte au Conseil d’Administration, et travaille de concert avec les autres Comités. En tant qu’Administratrice, j’ai le plaisir de remarquer que les sujets de RSE et d’intégration ne sont pas traités de façon secondaire, mais bien dans une approche holistique. Concrètement, nous avons organisé en 2017 un séminaire stratégique pour identifier les grandes tendances mondiales environnementales, sociétales et technologiques impactant le Groupe et son écosystème. Un travail d’identification des expertises du Conseil en cohérence avec sa stratégie a également été engagé en 2017 et réitéré en 2018.


Selon vous, comment le Groupe ENGIE se positionne-t-il sur ces sujets ? Comment évalueriez-vous la prise en compte de la pensée intégrée dans son organisation ? Quelles seraient ses voies d’amélioration ?

Au cours de ces dernières années, j’ai pu constater la progression de la « pensée intégrée » dans les processus du Groupe, ainsi qu’au sein même des différentes directions, notamment lorsqu’il s’agit d’arbitrer sur de nouvelles acquisitions ou encore dans les décisions liées aux ressources humaines. Ceci s’illustre dans les offres commerciales où la prise en compte des attentes des parties prenantes est primordiale. ENGIE ne vend pas seulement de l’énergie, mais œuvre conjointement avec les clients, les ONG, etc., pour « vendre de la décarbonation » et prendre en compte les questions sociétales tout au long de sa chaîne de valeur.

Mais l’aspect le plus remarquable que j’identifie pour ENGIE, c’est que la « pensée intégrée » est parfaitement incluse au cœur de sa stratégie, elle est présente dans l’ADN du Groupe. ENGIE est ainsi le 1er Groupe du CAC 40 ayant publié un rapport intégré et justifie d’un très bon positionnement dans le reporting financier et extra-financier. Le professionnalisme de la démarche d’intégration d’ENGIE représente, à mon sens, un gage de conviction et de crédibilité. Dans son rapport publié en 2016, l’Autorité des Marchés Financiers avait identifié ENGIE comme pionnier en matière de reporting intégré. La démarche du Groupe est également saluée par les agences de notation : ENGIE est inscrit dans les indices Dow Jones Sustainability World & Europe ; le Groupe a aussi obtenu les notes de A au CDP Climat et A- au CDP Eau. Comme en témoigne l’ensemble de ces éléments, le Groupe est à l’œuvre pour maintenir sa position de leader en matière de pensée intégrée. Cela l’engage à toujours s’améliorer et à rendre compte de ses performances de manière encore plus transparente à l’ensemble de ses parties prenantes.