Tribune de Clément Jeannin

Tribune de Clément Jeannin

Pour quelles raisons ENGIE s’est-il engagé, depuis plusieurs années, en faveur de la finance durable, notamment par le biais de l’émission d’obligations vertes ?

P. Almirante : ENGIE s’est positionné, dès 2014, en tant que leader dans la transition énergétique en soutenant activement le développement de la finance durable. Les obligations vertes, qui sont des obligations servant à financer des projets luttant contre le réchauffement climatique, en sont selon nous l’une des composantes essentielles.

J. Hartmann : Le marché des obligations vertes est aujourd’hui l’un des outils les plus visibles et les plus développés de la finance durable, dont les fonds pourraient contribuer de manière très significative à l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Selon de récentes estimations de l’OCDE, 93 000 milliards de dollars seraient nécessaires dans les 15 prochaines années pour s’inscrire dans un scénario bas-carbone. Chez ENGIE, nous sommes convaincus de la nécessité de faire converger vision de long terme de l'entreprise et objectifs des investisseurs. Les obligations vertes sont un levier incontournable pour faire évoluer le monde de l'énergie dans ce sens.

P. Almirante : ENGIE a, depuis 2014, levé quatre émissions, soit 6,25 milliards d’euros, devenant le 1er émetteur corporate mondial d’obligations vertes. Aujourd’hui, le succès des obligations vertes démontre que leur potentiel est bien compris par les acteurs du marché : en 2017, les émissions vertes ont atteint un montant record équivalent à 120 milliards d’euros !

Concrètement, quels effets avez-vous constatés suite à l’émission des différentes obligations vertes et/ou hybrides par ENGIE ?

P. Almirante : Les obligations vertes permettent à ENGIE de financer le développement des énergies renouvelables et ainsi d’atteindre son objectif de capacités renouvelables dans son mix énergétique. Les bénéfices des obligations vertes ne sont en effet pas uniquement environnementaux. Ces projets satisfont aussi à des critères sociaux et sociétaux qui vont bien au-delà de l’aspect environnemental. Tous ces critères sont audités par les Commissaires aux Comptes. Les obligations vertes permettent ainsi de développer des activités d’efficacité énergétique, la R&D appliquée à la transition énergétique, ainsi que les projets d’ENGIE Rassembleurs d’Énergies, notre fonds d’investissement à impact environnemental et sociétal qui compte plus de 2 millions de bénéficiaires à ce jour.

J. Hartmann : Dès leur émission, les obligations vertes ont aussi permis au Groupe de diversifier sa base d’investisseurs, de mobiliser l’ensemble de ses équipes autour de projets responsables et novateurs, et de promouvoir ses orientations stratégiques, en particulier en matière d’innovation. Les obligations vertes, en nous encourageant à fournir davantage d’informations, sont aussi devenues au fil du temps la source d’une plus grande transparence sur les impacts environnementaux et sociétaux des projets que nous développons. Cela va totalement dans le sens des demandes des grands investisseurs mainstream, dont l’intérêt pour ce type d’obligations se renforce de jour en jour.

Les initiatives internationales, telles que celles engagées par ENGIE en partenariat avec de grandes entreprises françaises et européennes, vous semblent-elles un moyen efficace pour favoriser le développement d’une finance durable ?

J. Hartmann : Chez ENGIE, nous sommes convaincus que l’intérêt déjà marqué des investisseurs pour la finance durable augmentera à mesure que les grandes entreprises industrielles renforceront leurs actions sur ce marché. Nous poursuivons donc notre engagement en faveur des obligations vertes en les incluant, sur le long terme, dans notre politique de financement et en mettant en place de strictes méthodes de reporting associées. 

P. Almirante : Outre la publication régulière d'informations sur l'allocation des fonds, nous souhaitons aussi mettre en valeur les impacts environnementaux des projets financés, en assurant un dialogue régulier avec les investisseurs et l’ensemble des parties prenantes. ENGIE s’est organisé avec un Comité Green Bond co-animé par la Direction de la RSE du Groupe et la Direction Financière afin de valider les projets retenus pour ce mode de financement. Plus généralement, ENGIE s’inscrit pleinement dans la dynamique internationale en faveur des obligations vertes, en témoigne son rôle moteur au sein des différentes instances de promotion de la finance durable : signataire de l’engagement « Obligations vertes » de Paris, à l’occasion du Climate Finance Day 2017 aux côtés de huit des principaux émetteurs industriels, membre des Green Bonds, partenaire de l’Initiative Paris Europlace « Finance for Tomorrow ».