menu
Menu
Corporate
profils
 
Retour liste
11
jui
2018

Annelise Vasseur : OPTIGAZ, une offre d’accompagnement des industriels vers la performance énergétique

Cette année, trois collaboratrices ENGIE ont pris part au programme #66Miles, porté par l’agence de conseil en open innovation Five by Five et l’incubateur au féminin Willa (ex Paris Pionnières). Après 4 mois de travail intense, la promotion 2018 a clôturé le programme par un grand oral devant un public composé d’équipes d’ENGIE, de personnalités extérieures, dont Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, et de journalistes. Trois femmes, chacune porteuse d’un projet très différent, passionnées et passionnantes, qui, toutes, ont adopté le motto d’Isabelle Kocher «« l’entreprise fait partie de la solution… et non du problème ».

Défenseur de l’intrapreneuriat, qui plus est au féminin, ENGIE est engagé dans plusieurs partenariats avec WILLA (ex Paris Pionnières). Au total, depuis 2 ans, ce sont ainsi 6 intrapreneures, et 11 futures intrapreneures qui ont été formées par ce biais.

Annelise Vasseur : OPTIGAZ, une offre d’accompagnement des industriels vers la performance énergétique

Pour 82% des entreprises industrielles, l’énergie représente un poste de dépense essentiel ou important. Pour autant, elles n’ont pas forcément les moyens ni les connaissances pour engager des travaux d’optimisation qui leur permettrait de réduire ces charges. Inspirée par ses 3 années au sein de GRTgaz, Annelise Vasseur, désormais chez ENGIE Cofely, a imaginé un projet inovant pour accompagner les industriels dans leur optimisation énergétique. Rencontre avec la benjamine très déterminée de la promotion ENGIE-66 Miles 2018.


Racontez-nous votre projet en quelques lignes :

L’objectif du projet est de redonner de la compétitivité aux industriels en leur proposant de les accompagner vers la performance énergétique. Après avoir interrogé des prospects avec un profil industriel, je me suis rendu compte qu’ils avaient d’importants freins ne leur permettant pas d’initier une démarche de performance industrielle. Le premier est le manque de capacité d’investissement vers des machines moins énergivores, ce qui bien sûr freine l’avancée dans la transition énergétique. Le second est lié au manque de connaissances des marchés de l’énergie. Pour répondre à ce besoin de performance et lever les freins à l’investissement j’ai décidé de développer une offre qui est basée sur un modèle d’analyse énergétique. Pour résumer, on optimise la facture énergétique du client et nous réinjectons cette économie chez notre client pour financer ses travaux de performance énergétique. C’est une démarche complètement nouvelle qui vise à avoir une réelle expertise sur la facture énergétique du client pour réinvestir les économies réalisées sur des travaux d’optimisation énergétique et les services associés à la gestion de l’énergie.


Comment est né votre projet ?

Lors d’un stage dans le nucléaire après mon DUT Techniques de commercialisation, je me suis passionnée pour la technique. Comme je ne pouvais pas intégrer une école d’ingénieur en master après une spécialité commerciale, j’ai choisi de faire un bachelor en école de commerce à Rouen puis une école de management au Havre en contrat d’alternance chez GRTgaz. J’ai pu avoir accès à la technique car j’étais axée sur le développement de projets industriels innovants (raccordement de site industriels au réseau de gaz, développement de projets de biométhane et gaz naturel véhicule…). C’est pendant ces 3 années que j’ai beaucoup appris, la technique et le fonctionnement des marchés du gaz naturel. J’ai eu l’idée de mon projet il y a environ un an mais je ne pouvais pas vraiment le développer au sein de GRTgaz qui opère comme transporteur de gaz naturel sur un marché régulé par l’Etat. Arrivée chez ENGIE Cofely en septembre j’ai pu tester réellement l’intérêt du projet, développer un business model, réfléchir à un modèle d’analyse qui permettrait de calculer comment faire des optimisations chez le client et pouvoir évaluer rapidement le gain potentiellement réalisable chaque année.Ce modèle a été testé sur deux clients et les résultats se sont révélés probants : nous avons évalué 30.000€ par an d’économie pour le premier et 115.000€ pour le second. Si nous réinjectons ces gains pour faire de la performance grâce à des travaux et de l’accompagnement client, nous pourrions arriver à un modèle de business vraiment positif pour l’entreprise, pour le client mais aussi pour l’environnement. Cette étape de test a confirmé qu’il y avait un marché.


Comment avez-vous entendu parler de 66 Miles ?

Un appel à projet a été envoyé de la part conjointe de la direction des communications, de la direction de l’innovation et du réseau. Soutenue par ma hiérarchie, j’ai postulé en expliquant mon projet et j’ai été retenue pour une première session de deux jours avec ce qui était à l’époque Paris Pionnières, qui est maintenant Willa. Après les deux jours de formation accélérée, nous avons toutes pitché nos projets. A l’arrivée, trois personnes ont été sélectionnées pour faire les quatre mois de formation 66 Miles.


Risqué ou challenging l’entrepreneuriat chez ENGIE ?

Challenging, sans hésiter ! Je viens d’arriver dans le groupe, j’ai 25 ans, il faut que je gagne ma légitimité à développer mon projet, que je réussisse à convaincre beaucoup de monde de l’intérêt de celui-ci. De plus, le principe de l’entrepreneuriat est de sortir du cadre, de réinventer les modèles alors que naturellement dans un groupe comme ENGIE, tout le monde est ancré dans ses missions et ses activités. Cela représente un grand travail de conviction !
D’un autre côté, je suis chef de projet Lean management, j’accompagne les équipes vers le projet ENGIE 2020, j’agis pour accompagner au mieux les équipes dans la transformation managériale. Finalement mon travail m’aide à développer mon projet parce qu’il faut toujours convaincre et faire adhérer les gens. On retrouve cette volonté de vouloir convaincre et avancer, de les aider, les accompagner, ce qui est en lien avec le projet.


Comment faites-vous pour gérer vos deux activités ?

J’ai demandé du temps à mes supérieurs pour pouvoir développer ce nouveau business model en plus de mon poste actuel. Je travaille aussi sur ce projet le soir, le week-end, je prends des jours de vacances aussi pour avancer. Quand on aime faire quelque chose on ne compte pas. De toute façon, ce projet me tient vraiment à cœur car la problématique client est réelle : j’ai envie d’aider les industriels à être plus compétitifs et à entrer dans la transition énergétique.


Comment s’est passé ce programme 66 Miles ?

C’était très intense. J’avais déjà vu certaines choses à l’école mais c’est bien aussi d’avoir une redite et une vision sur l’entrepreneuriat. Le programme dure 4 mois, avec 3 jours par mois environ, et entre les sprints nous sommes challengées et avons des points de contacts avec l’équipe pour savoir comment on progresse, si nous avons réussi à questionner nos prospects, si nous avons pu avoir des validations en interne… Cela a permis au projet d’avancer vraiment rapidement mais aussi de pouvoir se remettre en question en permanence.


Comment s’est passé la relation avec les autres participantes ?

C’était très structurant. Il y avait des femmes d’autres groupes qui nous apportaient une vision beaucoup plus large et un regard neuf : elles pouvaient avoir d’autres idées sur notre façon de fonctionner, remettre en question notre business model. Avoir une vision extérieure est très stimulant.


Vous aviez un sponsor au sein d’ENGIE ?

Oui, Olivier Ghienne, le DRH d’ENGIE Cofely m’a beaucoup suivi en interne pour me faire rencontrer des gens, me permettre d’avancer dans mes démarches. Nous étions également accompagnées par Valérie Gaudart qui a pu nous apporter son aide et sa motivation. C’est important d’avoir des sponsors à l’interne et de pouvoir être challengée à l’externe. Les deux sont complémentaires.


Et maintenant ? Quelles sont vos perspectives ?

Je souhaite pouvoir continuer ce projet. Il faut pour cela convaincre les membres du COMEX et les directions internes qui seront parties prenantes du projet. Ensuite je testerai concrètement l’intégralité du projet sur 4 premiers clients. (C’est-à-dire audit de facture, audit énergétique, recommandations techniques de travaux et de remplacement de machines, travaux et suivi de la performance énergétique).

A l’avenir, j’aimerais proposer une offre globale, c’est à dire qui regroupe l’ensemble des filiales et des Bu ENGIE car c’est ce que le client cherche. Il attend d’avoir un modèle où il ne s’occupe de rien tout en faisant des économies d’énergie qui lui permettront d’’être plus compétitif. L’objectif de ce projet étant de répondre aux enjeux financiers et écologiques du client tout en créant de la valeur pour celui-ci. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’acteurs différents dans l’énergie. Au sein du groupe nous avons de nombreux domaines de compétences mais il n’y a pas de lien clairement défini qui rassemble sur un même sujet : l’énergie. Pour avoir interrogé les clients et les prospects, ils ont du mal à appréhender la différence entre ENGIE, EDF, l’électricité, le gaz… Ils cherchent à être accompagnés mais personne ne leur donne cette possibilité. Leur solution est de faire appel à d’autres sociétés qui n’ont rien à voir avec celles du Groupe (ADEME, bureaux d’étude…). Ce qui complexifie le modèle.


Comment ce projet peut se développer à l’intérieur du groupe ?

J’aime beaucoup une phrase d’Isabelle Kocher disant que l’entreprise fait partie de la solution et non du problème. J’ai conçu Optigaz afin qu’il puisse apporter des solutions aux enjeux énergétiques de notre planète et de nos clients. Il faut que nous puissions amener de la clarté et de la lisibilité au client. Il permettra également de créer plus de cohésion et de partage entre ENGIE et ses filiales. C’est pour ces raisons que le projet a toute sa légitimité au sein d’ENGIE. Nous sommes capables d’avoir quelque chose de très complet : audit de factures, audit énergétique avec le CRIGEN, recommandations avec Cofely, travaux avec Cofely et Axima, et même Blu.e qui permet au client lorsque l’on installe des machines de monitoring de pouvoir gérer lui-même son énergie et ainsi de pouvoir être autonome.


Qu’est-ce qui vous donne le sourire quand vous allez travailler chez ENGIE Cofely ?

J’ai choisi de travailler dans le domaine de l’énergie dès mes 18 ans car je trouve qu’il y a beaucoup d’enjeux et de challenges à relever dans cet univers. Je suis très contente de me lever pour aller travailler le matin car je sais que je vais pouvoir aider des industriels à être plus performant énergétiquement et pour moi il n’y a pas plus grande satisfaction. J’ai vraiment une orientation vers le client et vers la transition énergétique qui me passionne. Je n’aurais pas pu travailler dans un autre domaine que l’énergie.

Retour liste