Tribune de Michèle Azalbert, directrice générale de ENGIE Division Hydrogène dans le magazine Europe Parlementaire N°38 - Printemps 2019 

Michèle Azalbert

De l’hydrogène vert produit par électrolyse de l’énergie solaire pour alimenter une usine de production d’ammoniac : un pas important vers des systèmes où l’énergie sera décentralisée, décarbonée et digitalisée. ENGIE se positionne à l’avant-garde de la révolution énergétique et a l’ambition de devenir un acteur majeur de l’hydrogène renouvelable, présent à l’international et sur toute la chaîne de valeur. Nous sommes convaincus que, produit par électrolyse de l’eau, il peut accélérer le déploiement massif des ENRs intermittentes, parce qu’il permet de les stocker en grande quantité. Il permet de faire en sorte que le soleil brille la nuit. C’est le chaînon manquant vers un système énergétique 100% décarboné.

La division consacrée à l’hydrogène vert a vocation à développer des infrastructures de production à l’échelle pour servir nos clients de manière pérenne et économique. Nos cibles prioritaires sont les industriels et les territoires désireux de réduire leur empreinte carbone et prêts à se positionner à l’avant-garde de la transition énergétique. Nous ciblons des zones à fort potentiel d’énergies renouvelables, où le groupe bénéficie déjà d’un ancrage local fort. De plus, ENGIE dispose d’un positionnement unique. Concevoir, construire et opérer de telles infrastructures au service de nos clients font partie de nos savoir-faire. Nous maîtrisons l’ensemble des chaînes gaz et électricité ainsi que les risques associés, nous comprenons les process et besoins de nos clients, nous développons des infrastructures complexes pour y répondre (ingénierie, construction) et nous intervenons sur place de manière réactive en cas de besoin (maintenance). En ce qui concerne l’hydrogène renouvelable, le moment est venu de déployer des solutions à l’échelle pour faire baisser le coût des infrastructures et de les rendre accessibles à tous. L’enjeu n’est plus celui de la viabilité technique mais il est économique.

C’est justement une étape importante qui a été franchie le 5 février en signant un accord prometteur avec YARA, l’un des leaders mondiaux de la nutrition des cultures et des engrais minéraux. Les deux sociétés se sont mises d’accord sur une étude de faisabilité dans le but de concevoir une usine d’hydrogène vert qui permettra de décarboner la production d’ammoniac. Le projet consiste à coupler une usine d’hydrogène renouvelable à l’usine d’ammoniac existante de YARA Pilbara, en Australie-Occidentale, afin de convertir l’usine, qui dépend à 100 % du gaz naturel pour l’hydrogène, en une usine dont une grande partie de l’hydrogène provient de sources renouvelables, et ainsi, obtenir une réduction massive des émissions de CO2. La première étape du projet consistera à tester la faisabilité et l’opérabilité de la solution − 100 MW PV (solaire) et un électrolyseur de 66 MW.

Ce projet matérialise les ambitions communes d’ENGIE et de YARA de décarboner les process industriels. Nous ne pourrions pas réaliser le plein potentiel de l’hydrogène renouvelable sans ceux avec qui nous partageons la même philosophie pour un monde dont l’énergie serait plus décarbonée, accessible à tous et partout dans le monde, contribuant à un progrès harmonieux. Ce projet en Australie s’inscrit parfaitement dans l’ambition d’ENGIE d’être un pionnier du nouveau monde de l’énergie, ainsi que dans la raison d’être de YARA de nourrir la planète de manière responsable. « Chez Yara, nous comprenons que la collaboration est vitale pour résoudre les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, et nous nous réjouissons de travailler avec ENGIE sur ce projet passionnant. Ensemble, nous pouvons faire la différence », déclare Yves Bonte, vice-président exécutif du New Business chez YARA.