Franck Bruel

Article publié sur LinkedIn, le 5 octobre 2018

Nous sommes tous conscients des problèmes que peuvent générer nos déplacements quotidiens, en particulier en ville. Nous les ressentons même physiquement les jours de pic de pollution. Au-delà des restrictions et des sanctions, nous devons développer des solutions pour la mobilité, conciliant protection de l’environnement et croissance démographique. Je suis convaincu que l’hydrogène renouvelable – ou vert – fait partie de ces solutions.


Produit par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) ou de biométhane, l’hydrogène vert a de multiples qualités : il n’émet ni particule fine ni gaz à effet de serre ; c’est une ressource infinie et propre ; bref, la garantie d’une croissance responsable.


Sa production peut être effectuée de manière décentralisée, au plus près du lieu de consommation : il suffit d’avoir à disposition une source d’énergie renouvelable et une source d’eau.


Dans la mobilité, les moteurs à hydrogène apportent des bénéfices à la fois individuels et collectifs : la recharge est beaucoup plus rapide que celle de véhicules électriques (moins de 5 minutes) ; l’autonomie offerte dépasse désormais les 650 km sur un cross over de série, permettant des déplacements aussi bien sur des courtes que sur des longues distances ; sans compter une bien meilleure efficacité énergétique par rapport aux moteurs à combustion.


Autant d’atouts qui nous ont convaincus, chez ENGIE, d’intégrer dès aujourd’hui dans notre stratégie le développement de solutions hydrogène pour la mobilité. Plusieurs applications sont d’ores et déjà possibles : les moyens de transport particuliers ou logistiques dans les zones urbaines ; les flottes de bus ; les transports ferroviaires… et d’autres sont à l’étude : les transports fluviaux ; les navires de croisière…


A Pau, dans moins d’un an, huit bus à hydrogène circuleront dans le centre-ville. Dotés d’une autonomie de 350 kilomètres, ils seront alimentés par la première station au monde de rechargement à hydrogène pour bus, à partir de sources d’énergie renouvelable et locale. Un projet pionnier sur lequel ENGIE travaille en colllaboration avec le Syndicat Mixte des Transports Urbains – Pau Porte des Pyrénées, le constructeur de bus Van Hool et le fabricant de solutions intégrées ITM Power.


Autre exemple, nous avons installé à Rungis, près de Paris, sur le plus grand marché de produits frais au monde, la première station multi-carburants alternatifs de France. Cette station permettra notamment d’alimenter la plus importante flotte utilitaire à hydrogène du pays : 50 Renault Kangoo Z.E. utilisées par les collaborateurs d’ENGIE Cofely pour assurer leurs missions d’exploitation et de maintenance multitechnique en Île-de-France.


L’hydrogène vert comme énergie propre pour la mobilité ne tient donc plus de la science-fiction, ni du prototype. Il faut toutefois que l’ensemble de la filière – énergéticiens, constructeurs automobiles, acteurs publics… – continue à se mobiliser pour qu’il s’impose parmi les carburants alternatifs, contribuant à un monde décarboné et harmonieux, tout en répondant aux besoins croissants de mobilité.