Tribune de Valérie Fayard

Quelles sont vos attentes et celles de la société civile vis-à-vis d’ENGIE ?

À mon sens, il est important pour la société civile qu’un Groupe international comme ENGIE puisse mettre au cœur de sa stratégie l’alignement avec les objectifs les plus ambitieux de lutte contre le réchauffement climatique, à l’instar du scénario NegaWatt. Ce scénario repense notre vision de l’énergie en s’appuyant sur une démarche en trois étapes : (1) la sobriété, (2) l’efficacité énergétique et (3) les énergies renouvelables. Cela passe notamment par la sortie à court terme de la production d’électricité par des centrales à charbon et au pétrole, et à moyen terme des centrales nucléaires, mais aussi par un investissement massif dans les énergies vertes et à faible intensité carbone.

Les grandes entreprises doivent a minima et idéalement développer les ressources financières et humaines dédiées à la lutte contre la précarité énergétique et à l’accompagnement des clients en situation de précarité. De même, elles devraient faire leur possible pour encourager la mise en œuvre d’économies d’énergie par les clients et par la société en général.

En ligne avec les récentes lois – notamment sur le devoir de vigilance – les entreprises doivent mettre en œuvre une responsabilité élargie en étant vigilantes aux impacts humains et environnementaux de leurs activités sur les écosystèmes locaux. Cette responsabilité doit s’étendre en interne, en accordant une attention particulière aux risques psycho-sociaux dans un contexte de transformation des organisations d’envergure.

Pouvez-vous rappeler en quelques mots en quoi consiste votre partenariat avec ENGIE ?

ENGIE soutient Emmaüs depuis déjà plusieurs années. Nous travaillons conjointement sur 3 axes en lien direct avec les domaines d’expertise du Groupe. La contribution à la maîtrise des coûts énergétiques par un soutien à la réhabilitation et la construction de locaux d’habitation et d’activité des groupes Emmaüs ; la lutte contre la précarité énergétique avec notamment un soutien financier et une collaboration de terrain avec les SOS Familles Emmaüs, qui accompagnent des foyers en situation de mal endettement ; et la sensibilisation et la formation à l’éco-responsabilité : ENGIE accompagne des groupes Emmaüs et leurs publics vers des pratiques plus éco-responsables.

À quelles créations de valeur globale ce partenariat contribue-t-il selon vous ?

Ce partenariat permet de renforcer la proximité entre ENGIE et la société civile, et il a un impact sociétal fort. Sur le plan social, ENGIE contribue aux activités solidaires d’Emmaüs de lutte contre la précarité et l’exclusion. Sur le plan environnemental, nous avons un impact direct par le soutien aux travaux de performance énergétique, et indirect via la sensibilisation des structures et des personnes à l’éco-responsabilité.

Selon vous, comment le Groupe ENGIE se positionne-t-il sur les sujets de précarité et d’accès à l’énergie ? Quelles seraient ses voies d’amélioration ?

Des actions de terrain sont aujourd’hui soutenues via le mécénat voire directement mises en place via les BUs en France et à l’international pour accompagner les publics en situation de précarité énergétique, et promouvoir le recours à des énergies plus accessibles et durables. Un premier enjeu est de maintenir et renforcer les moyens mis en œuvre pour accompagner les publics en situation de précarité énergétique notamment en veillant à préserver la qualité du service rendu par le réseau de correspondants solidarité ENGIE dans les territoires. En complément, ENGIE pourrait intervenir toujours plus en amont des questions de précarité énergétique, pour prévenir son apparition en renforçant les actions telles que celles mises en place avec Emmaüs : renforcement de la capacité et de l’impact des acteurs de la lutte contre la précarité, sous toutes ses formes.