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jui
2018

Virginie Verdière : Skill’Lib, mise en lumière des talents professionnels des collaborateurs

Cette année, trois collaboratrices ENGIE ont pris part au programme #66Miles, porté par l’agence de conseil en open innovation Five by Five et l’incubateur au féminin Willa (ex Paris Pionnières). Après 4 mois de travail intense, la promotion 2018 a clôturé le programme par un grand oral devant un public composé d’équipes d’ENGIE, de personnalités extérieures, dont Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, et de journalistes. Trois femmes, chacune porteuse d’un projet très différent, passionnées et passionnantes, qui, toutes, ont adopté le motto d’Isabelle Kocher «l’entreprise fait partie de la solution… et non du problème ».

Défenseur de l’intrapreneuriat, qui plus est au féminin, ENGIE est engagé dans plusieurs partenariats avec WILLA (ex Paris Pionnières). Au total, depuis 2 ans, ce sont ainsi 6 intrapreneures, et 11 futures intrapreneures qui ont été formées par ce biais.

Il y a bientôt 2 ans, au hasard d’un café partagé, Virginie Verdière a découvert la passion pour la programmation et le gaming d’un comptable du groupe. Quelque mois plus tard, elle a pu mettre en contact le comptable-développeur avec un manager ENGIE à la recherche d’un besoin ponctuel de programmation. L’idée de Skill‘Lib était née. Depuis, le projet a pris de l’ampleur et Virginie envisage de l’ouvrir à d’autres entreprises. Rencontre avec une intrapreneure passionnée par les relations humaines.


C’est quoi en deux mots, Skill’Lib ?

C’est une plateforme d’échanges de compétences entre l’entreprise qui a un besoin de ponctuel, de 1 jour à 12 mois, et les salariés qui souhaitent exploiter leurs compétences, qu’elles soient issues de leurs expériences passées ou de leurs passions, et contextualisées dans les activités business d’ENGIE.
C’est une alternative à l’intérim ou aux consultants qui représentent un certain budget et nécessitent une période d’acculturation au groupe. C’est aussi une manière d’exploiter le temps de certains salariés, de leur permettre de s’investir dans des projets qui les intéressent, de participer à la croissance et à la performance du groupe en exerçant des compétences qu’ils revendiquent.
Certains d’entre nous sont occupés à 100% mais ça ne les dérange pas d’être occupés pendant 2 mois, 3 mois à 130-140% parce qu’il y a ce projet sympa, différent, auquel ils ont envie de participer. Ça donne une visibilité aux salariés, ça permet aux managers d’avoir quelqu’un qui connait ENGIE, qui a déjà son réseau, qui connait la culture ENGIE et la capacité de cross fertiliser, de capitaliser sur du savoir.
C’est à la fois un outil de motivation, d’efficacité et une source d’économies pour le groupe.


Votre projet existe depuis un moment déjà. Quels sont les chiffres de Skill’Lib aujourd’hui ?

On a lancé un pilote il y a près de 2 ans. On a aujourd’hui plus de 570 salariés qui ont créé leur profil volontairement. On a fait plus de 3 500 jours hommes de mission échangées, ce qui représente l’équivalent de 1.6 million d’euros qui ne sont pas partis à l’externe d’ENGIE. Skill’Lib est aussi plus de 200 missions postées par les managers. Au total, les 25 Bu sont représentées, soit par des missions soit par des salariés.


Quel est votre parcours ?

Je suis juriste de formation et ensuite j’ai fait une école de management, l’EM Lyon. Après j’ai fait une rencontre, parce que ma vie c’est une histoire de rencontres : je suis rentrée chez EDF-GDF à la distribution y a 20 ans, j’arrivais pour un stage et au bout de 2 semaines on me proposait un poste de management en ressources humaines. J’ai été appelée à reprendre des équipes pour les transformer, les manager, j’ai aussi été seconde d’une agence de maintenance thermique. Mais j’ai toujours eu ce gout de comprendre et de voir comment mon travail pouvait se mettre au service du business, de la stratégie et des opérationnels pour éviter de leur faire perdre de l’argent, du temps et d’être vraiment en accompagnement et en puissance auprès d’eux. Aujourd’hui je suis en charge de la stratégie de développement du leadership à la direction des ressources humaines.


D’où vient le nom Skill’Lib ?

Skill c’est les compétences en anglais et Lib, la liberté de s’autoriser des choses, d’oser l’audace d’être dans un monde transparent, de se rendre visible sur les compétences qui ne sont pas connues des autres. En quelque sorte, cela signifie : rendons les affichages des compétences libres !

Revenons sur votre expérience d’intrapreneur. Quels sont les challenges particuliers à relever quand on décide de développer un projet à l’intérieur de son entreprise ?

Finalement je me rends compte que j’ai toujours fait ça depuis que je suis chez ENGIE : sortir de ma fiche de poste, m’autoriser à participer à d’autres trucs pour faire avancer l’entreprise. J’ai choisi de changer les choses de l’intérieur. Comme intrapreneur, on a le confort du salaire et des ressources mais on n’a pas le temps, on a un travail et un manager qui attend des résultats. On doit trouver le temps de travailler, de briefer le manager pour qu’il nous donne la confiance de gérer nos journées au mieux. Il faut faire comprendre que ce n’est pas une ambition personnelle que l’on pousse, convaincre les détracteurs que l’on travaille pour l’intelligence collective, pour le progrès humain.

A côté de cela, ça prend aussi beaucoup sur le temps libre, j’ai coutume de dire que je mange, je bois, je dors, je respire Skill’Lib !

Maintenant si on ne croit pas en son problème et à sa solution, on n’aura pas l’énergie. Dans tout ce que j’ai vécu de difficile, le projet me porte, je ne le fais pas pour moi mais pour la communauté, ça transcende.


Comment s’est passé le programme 66 Miles ?

Tout a commencé au People Lab organisé par Valérie Gaudart et Anne Courouau. Puis j’ai fait 2 jours de Possible Camp organisé par Paris Pionnières - Willa en décembre et mon projet a finalement ensuite été retenu pour le 66 Miles. Je l’ai appris le 8 mars, le jour des femmes ! Le kick off était au Secrétariat d’Etat du Numérique. On a eu 4 sprints de 3 jours et des intersessions après 18 heures. Entre temps on était toujours en échanges, on avait du travail à faire entre les sprints pour avancer et arriver au pitch demo day avec une proposition de valeurs, un business model, toute la cartographie du projet. J’ai fait plein d’interviews, travaillé sur des prototypes avec une méthodologie de start-up, des boucles très rapide et un apprentissage « en marchant » très stimulant.

On ne se connaissait pas avec Annelise et Sophie, et ça aussi c’était une richesse incroyable. C’est important qu’on soit plusieurs et d’horizons différents pour avancer.

L’accompagnement était important pour rebondir parce que c’est un peu les montagnes russes ce programme !


L’avenir ?

J’aimerais me consacrer à Skill’Lib. On parle beaucoup de solutions business pour illustrer les Harmony Project, moi c’est le côté sociétal qui m’intéresse. Je voudrais l’ouvrir à tout un écosystème de PME, start ups, voire même d’institutionnels. On cherche de nouvelles façons de travailler, en faisant un spin off, en dehors d’ENGIE mais avec un capital ENGIE et d’autres partenaires. Ça restera un produit fait en partenariat et en même temps un laboratoire des organisations de demain. J’ai pu annoncer dans mon pitch que Salesforce était le premier grand partenaire qui nous rejoignait. J’ai des start-ups qui veulent signer, j’ai des grands groupes aussi, c’est que le début. Ce qui m’importe c’est d‘avoir des gens qui s’embarquent dedans et qui aient la même vision.


Qu’est-ce qui vous donne le sourire le matin ?

C’est le progrès humain, d’imaginer un monde plus harmonieux.


Votre mot de conclusion sur le programme ?

66 miles m’a donné des idées, des méthodologies, ça m’a permis de faire le point sur certaines choses que je faisais. C’est une chance pouvoir faire monter encore plus Skill’Lib, plus fort, plus haut, d’ouvrir le champs des possibles. Je faisais certaines choses par bon sens ou par habitude et là j’ai maintenant une palette d’outils et de méthodes pour entreprendre comme un entrepreneur. Et puis c’est une grande fierté, je suis allée jusqu’au bout. C’est une reconnaissance.

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