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21
nov
2017

Les blockchains, un moyen pour mieux gérer l’électricité ?

Les crypto-monnaies, inspirées de Bitcoin et reposant sur le principe de blockchain, suscitent un fort engouement médiatique. Si leurs usages potentiels sont variés, plusieurs expérimentations montrent leur intérêt pour optimiser la distribution d’énergie électrique décentralisée et permettre l’achat et la vente d’électricité produite par les consommateurs.

Une blockchain forme un registre public, permanent et immuable, dont les éléments successifs sont enchaînés les uns aux autres, de façon réputée inviolable et infalsifiable. Le système fonctionne sans autorité centrale, ni administrateur unique, et de manière décentralisée.

Tout commence avec Bitcoin en 2009

Le Bitcoin est un protocole informatique mis à disposition des internautes dans une logique Open Source, pour structurer un dispositif d’échanges décentralisé car dépourvu d’autorité de contrôle.

Bitcoin se répand, se développe et, malgré une image sulfureuse, s’apparente de plus en plus à une monnaie alternative. Il est coté sur les marchés, échangeable à tous moments contre des monnaies traditionnelles, et accepté par un nombre croissant de sites de e-commerce comme moyen de paiement. La totalité des bitcoins en circulation est de 16,5 millions, tandis qu’un bitcoin s’échangeait à 858 € début 2017, au double de sa valeur début 2016. En novembre 2017, un bitcoin se négocie à environ 7 000 €.

Le fonctionnement de Bitcoin est innovant. Toutes les transactions effectuées sont inscrites dans un registre distribué et partagé, construit avec des calculs informatiques complexes, qui assurent de façon collective l'intégrité et la sécurisation du réseau Bitcoin.

Blockchain : une chaîne d’informations décentralisée

Dans la foulée de Bitcoin se sont créés plusieurs centaines de crypto-monnaies similaires, s’appuyant toutes sur la même technologie, la blockchain (ou chaîne de blocs) : un fichier partagé dont les éléments successifs sont enchaînés les uns aux autres, de façon réputée inviolable, après un processus de validation décentralisé (en général basé sur la cryptographie).

Le mot-clé ici est « décentralisé », puisqu’une blockchain forme un registre public, permanent et immuable, dont la cohérence et l’intégrité sont maintenues par les participants au réseau, sans la moindre entité de contrôle, serveurs centraux ou tiers de confiance. En clair, elle évite le recours à un « tiers de confiance » qui centralise toute l’information.

Des applications infinies

Au-delà du secteur financier, les blockchains deviennent autant de mécanismes nouveaux pour valider des transactions (quelles qu’elles soient), certifier des échanges, ou conserver des historiques inviolables.

La technologie est testée par des banques, assurances, services publics, acteurs de l’Internet et start-ups, cherchant à tirer parti du principe de bases de données sécurisées et décentralisées. Enregistrement des droits musicaux, services notariés, jeux vidéo, réseaux sociaux, stockage numérique distribué... tout semble se réinventer à l’aune des blockchains.

En 2014 l’énergie solaire fait son entrée sur la blockchain

Le secteur de l’énergie ne fait pas exception. La crypto-monnaie SolarCoin, lancée en 2014, forme un système de récompense incitant les consommateurs à passer à l’énergie solaire. Entreprises ou particuliers disposant de panneaux solaires peuvent recevoir des SolarCoins en fonction de l’énergie qu’ils produisent (1 mégawattheure (MWh) d’énergie solaire donne droit à 1 SolarCoin). Quelques 150 000 MWh d’énergie solaire ont ainsi déjà été récompensés par des SolarCoins, dans 24 pays. Dans le giron de SolarCoin, et de la fondation qui préside à son développement, plusieurs autres projets ont vu le jour. ElectriCChain vise à répertorier toutes les installations solaires, et à fournir des données non confidentielles, utilisables pour des études scientifiques ou climatiques. Plus ambitieux, Electraseed entend déployer des kits solaires autonomes, formant leur propre réseau électrique et gérant tous les échanges via blockchain. Une centaine d’équipements doivent être installés en Afrique pour une expérimentation-pilote en mai 2017, avant un déploiement de 100 000 unités visé en 2018.

Acheter et vendre son énergie solaire entre voisins

D’autres initiatives vont dans le même sens. A Perth, en Australie, Power Ledger a lancé en décembre « le premier marché d’électricité résidentielle propulsé par une blockchain ». Testé en Nouvelle Zélande l’été dernier, le dispositif permet aux propriétaires d’équipements solaires de vendre leur surplus d’énergie, tous les échanges s’effectuant sur une blockchain dédiée, Ecochain. Et à New York, le projet Brooklyn Microgrid veut permettre aux utilisateurs de gérer localement et de façon indépendante leur propre réseau électrique, en s’appuyant sur la blockchain Ethereum pour former « un marché de l’énergie communautaire et partagé », les surplus d’électricité s’échangeant entre voisins, via des transactions sécurisées.

L'INFOGRAPHIE BLOCKCHAIN - À TÉLÉCHARGER

Beaucoup l’assurent, il s’agit là d’un changement de paradigme : le consommateur se transforme en producteur, devenant un « prosumer », tandis que la distribution d’énergie s’effectue sans opérateur central, automatisée par des ordinateurs et sécurisée par des blockchains. Et certains vont plus loin et imaginent un avenir où l’Internet des objets serait indissociable des blockchains. Tout appareil électrique serait lui-même un nœud du réseau, participant à valider les transactions. Dans ce modèle encore empirique, une ampoule électrique (ou un lave-linge) disposerait de son propre porte-monnaie électronique et déclencherait une transaction sur une blockchain pour payer elle-même l’électricité qu’elle consomme !

ENGIE et la blockchain

L’expérimentation a déjà commencé chez ENGIE. Ainsi, en France, le Groupe réfléchit à l’utilisation de la blockchain pour une gestion optimisée de la consommation et de la maintenance, et notamment dans la traçabilité des flux (eau, gaz, électricité). Dans l’Yonne par exemple, le Groupe a mis en place une infrastructure blockchain sur un réseau de compteurs d’eau connectés. Gérant les données des compteurs, celle-ci permet de déclencher automatiquement l’appel du dépanneur en cas de fuite.

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