Électricité décarbonée : comment le GHG Protocol veut renforcer les règles du jeu
Les règles mondiales de la comptabilité carbone s’apprêtent à changer. Objectif : s’assurer que l’électricité décarbonée consommée par les entreprises l’est vraiment, heure par heure, et au bon endroit. ENGIE a participé à cette consultation et prend position.
Comment sait-on qu’une électricité est vraiment « propre » ?
C’est exactement la question à laquelle répond le Greenhouse Gas Protocol (GHGP), le cadre de référence mondial utilisé par les entreprises, les investisseurs et les régulateurs pour mesurer et déclarer les émissions de CO₂.
Jusqu’à présent, le système reposait largement sur des mécanismes contractuels : les Garanties d’Origine (GO) en Europe ou les Renewable Energy Certificates (RECs) ailleurs dans le monde. Concrètement, une entreprise pouvait acheter un certificat attestant qu’une quantité d’électricité renouvelable équivalente à sa consommation avait été produite quelque part, à un moment donné de l’année.
Ces mécanismes ont été, et restent, essentiels. Ils ont permis de financer massivement le développement de l’éolien et du solaire dans le monde entier. Mais ils ont une limite : ils ne garantissent pas que l’électricité consommée à un instant donné est effectivement produite à partir d’une source renouvelable au même moment. C’est pourquoi le GHGP a lancé une consultation publique à laquelle ENGIE a participé.
Le GHGP propose aujourd’hui de relever le niveau d’exigence avec deux évolutions majeures.
Le matching horaire. Pour pouvoir revendiquer une électricité comme décarbonée, les entreprises devront démontrer que l’électricité renouvelable a été produite et consommée durant la même heure. Autrement dit, il ne suffira plus de compenser une consommation annuelle par une production renouvelable annuelle équivalente.
Le matching géographique. Les entreprises devront montrer que l’électricité est produite et consommée dans la même zone de marché. Si les définitions varient d’une région à l’autre, le principe est clair : les déclarations d’électricité renouvelable doivent refléter les réalités du réseau local.
Pourquoi c’est important ?
Ces nouvelles règles visent à rapprocher la comptabilité carbone de la réalité physique des réseaux électriques. Car les objectifs climatiques ne demandent pas seulement plus d’électricité renouvelable ils exigent aussi un meilleur alignement entre le moment et le lieu où cette électricité décarbonée est produite et où elle est consommée.
La position d’ENGIE : ambitieuse, mais réaliste
ENGIE soutient la direction prise par le GHGP. Pour ENGIE, des standards plus exigeants sont essentiels pour renforcer la confiance, à condition qu’ils restent réalisables, équitables et ancrés dans les réalités du marché.
Une transition progressive vers le matching horaire, d’une approche volontaire de leadership vers une future norme de conformité.
Chez ENGIE, nous sommes convaincus que le matching horaire apportera :
- Des déclarations climat plus crédibles, fondées sur la réalité physique
- Une meilleure comparabilité entre les entreprises
- Une confiance renforcée de la part des investisseurs et des régulateurs
Mais relever le niveau d’exigence ne doit pas se faire à n’importe quel prix. Il faut que la transition reste accessible, crédible, et qu’elle renforce le système énergétique. C’est pourquoi ENGIE plaide aussi pour :
- Des seuils d’exemption pour les petites organisations
- Des clauses de maintien des droits acquis afin de protéger les investissements renouvelables existants
- Un déploiement progressif, par étapes et par secteur, applicable après 2030.
Notre recommandation : commencer par les grands consommateurs BtoB, en permettant aux acteurs les plus avancés de montrer la voie.
Des frontières de marché claires et réalistes
Sur le matching géographique, ENGIE défend une approche pragmatique, avec des frontières de marché clairement définies :
- Un périmètre minimal au niveau national, qui reflète la manière dont la plupart des marchés de l’électricité sont organisés
- La prise en compte des réalités physiques, comme les réseaux isolés ou insulaires
- La reconnaissance des marchés fortement intégrés, tels que l’Union européenne et l’Espace économique européen, comme périmètres géographiques valides, afin de renforcer l’efficacité et la fiabilité
L’objectif : une comptabilité carbone robuste, sans fragmenter les marchés ni freiner le développement des énergies renouvelables.
Et concrètement, ENGIE fait quoi ?
Au-delà de sa participation à la consultation du GHGP, ENGIE prépare déjà la suite. En tant que consommateur d’électricité, le Groupe évalue les géographies pertinentes où des projets pilotes pourraient tester le matching horaire pour son propre approvisionnement en électricité décarbonée.
En tant que partenaire énergétique, ENGIE développe d’ores et déjà des offres alignées sur l’approche 24/7, conçues pour accompagner ses clients face à des exigences croissantes tout en poursuivant leur décarbonation au rythme nécessaire. Concrètement, ENGIE ne se contente pas de prendre position : nous testons, nous développons et nous accompagnons nos clients vers une électricité décarbonée, heure par heure.
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