EGALITÉ FEMMES-HOMMES

6 questions pour comprendre la place des femmes dans l’énergie

Par ENGIE - 08 mars 2021 - 09:31

Malgré une population mondiale presqu’à moitié féminine, les femmes sont peu représentées dans les filières scientifiques. Les chiffres sont assez éclairants : 3 % des diplômés dans les technologies de l’information et de la communication, 17 prix Nobel en physique, chimie ou médecine (572 ayant été attribués à des hommes)1. Le secteur de l’énergie n’échappe pas à cette situation inégalitaire, qui concerne de nombreux pays, indépendamment de leur niveau de développement, et se répercute sur le marché de l’emploi.

 

Où sont les femmes dans le secteur de l’énergie ?

Ces 15 dernières années, le secteur de l’énergie a attiré de plus en plus de femmes, avec une importance particulière dans les énergies renouvelables (ENR), où elles représentent 32 % des effectifs2. Mais de manière générale, rappelons que dans l’énergie, 45 % des femmes occupent des postes administratifs contre seulement 28 % des métiers techniques !

 

Pourquoi si peu de mixité dans le secteur ?

Si le secteur manque de mixité, c’est parce que les femmes sont globalement moins nombreuses à choisir les filières scientifiques et techniques qui forment aux principaux métiers des énergies, comme en attestent les statistiques de l’Organisation Internationale du travail. En France, elles représentent 26 % des diplômé(e)s des écoles d’ingénieur. Un taux qui n’a pas évolué en 10 ans !3

 

Le secteur des énergies a-t-il toujours été si peu mixte ?

En France, l’histoire énergétique est marquée par la place centrale de l’industrie nucléaire, elle-même liée à l’histoire militaire du pays. Un univers qui est longtemps resté exclusivement masculin… Mais la faible mixité du secteur est loin d’être une exception française. La révolution industrielle et la révolution automobile ont exclu de façon radicale les femmes de la production industrielle alors qu’elles participaient pleinement à la production agricole et artisanale. L’ouvrier à l’usine, la femme au foyer : tels ont été les jalons de la « nouvelle économie » des XIX et début XXe siècles dans les pays développés. 

 

Pourquoi les ENR pourraient bien changer la donne ?

La transition énergétique doit permettre d’accélérer non seulement l’essor des renouvelables, mais aussi la place des femmes dans le secteur. Les recrutements à venir vont être cruciaux ! Dans son rapport « Énergies renouvelables : la dimension genre » publié en 2019, l’IRENA indique que : « Une grande partie des compétences requises pour bénéficier [des opportunités exceptionnelles offertes par les énergies renouvelables] peuvent être développées localement, et les femmes sont idéalement positionnées pour prendre les rênes et pourvoir ces solutions hors réseau ».

 

Chiffre-clé

85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore.

 

Que font les entreprises pour accélérer la féminisation de leurs effectifs ?

La féminisation commence par la lutte contre les stéréotypes de genre et les biais cognitifs. Comment ? En formant les équipes à l’identification de leurs propres biais. Le choix des mots est aussi important, une fiche de poste pouvant véhiculer des stéréotypes ! Les entreprises doivent également s’engager dans une recherche plus active de talents féminins. Et ce même si les viviers dans notre secteur demeurent faibles : diffusion des offres d’emplois auprès des réseaux féminins, organisation d’événements dédiés aux femmes mais aussi programmes de partenariats avec les écoles et universités… Le troisième levier est éducatif : en faisant connaître aux collégiennes et lycéennes des métiers dans lesquelles elles pourront se projeter, les entreprises peuvent contribuer à changer les représentations et encourager les jeunes filles à choisir les filières scientifiques et techniques. 

 

Chez ENGIE, nous accélérons la transition vers plus de parité 

L’égalité professionnelle fait l’objet d’une démarche volontariste. Notre objectif ? Qu’un manager sur deux soit une femme en 2030. Pour y parvenir, nous conduisons de très nombreuses actions. À titre d’exemples : 

  • Notre programme Groupe Fifty-Fifty vise non seulement à atteindre la parité managériale d’ici à 2030 mais également à renforcer durablement l’ancrage culturel de l’inclusion dans nos pratiques managériales.
  • 400 ambassadrices et ambassadeurs technicien(ne)s ENGIE sensibilisent les jeunes – et notamment les jeunes filles ! - aux métiers scientiques et techniques de l’énergie, en se rendant dans les écoles en Italie, en Belgique et en France.
  • Notre ouvrage « Les Digitales »* met en lumière le rôle essentiel des femmes dans la transformation numérique, en valorisant des profils de femmes – pionnières du numérique et collaboratrices d’ENGIE - qui s’engagent pour un monde numérique plus inclusif. L’objectif ? Donner envie aux jeunes filles de s’engager dans les filières STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) !

 


 

« En 2020, les femmes restent minoritaires dans le milieu du numérique alors que les opportunités offertes sont incroyablement attirantes. […] Le numérique a également besoin des femmes, de tous les regards nécessaires à l’élaboration d’outils, de modèles et d’applications faits par tous et pour tous. Les retombées économiques et sociétales n’en seront que plus grandes. ».
Aurélie Jean, Docteure en sciences et entrepreneure

 

*Préfacé par Aurélie Jean, docteure en sciences et entrepreneure, membre de la Fondation ENGIE, le livre est illustré par Fabienne Legrand. Publié aux éditions du cherche midi, l’ouvrage est disponible en librairie et en ligne depuis le 4 mars 2021.

 

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  • La Fondation ENGIE est mécène du film Woman, sorti en mars 2020 et soutient notamment Denis Mukwege (Prix Nobel de la Paix qui aide les femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo). L’objectif ? Lutter contre les violences faites aux femmes, un engagement fort d’ENGIE qui se matérialise par des campagnes de sensibilisation et des partenariats associatifs, à découvrir ici.

 

Envie d’aller plus loin ? Découvrez la tribune d’Élise Maury, DRH adjointe d’ENGIE, sur sa vision de l’égalité femmes-hommes et les actions à engager pour atteindre la parité dans notre secteur !

 

La loi peut-elle jouer un rôle d’accélérateur ?

Oui, elle peut accélérer la féminisation du secteur comme en témoignent deux lois en France. La loi Copé-Zimmermann de 2011 a permis à la France de se positionner en tête des pays européens en matière de féminisation des conseils d’administration de ses grandes entreprises ! En 2019, la loi Pénicaud crée un Index de l’égalité professionnelle femmes-hommes, avec une obligation de résultats. Chez ENGIE, cet index consolidé s’élève en 2021 à 89/100 points en France, à comparer à une note moyenne des entreprises en France de 87/100 points.
Et ENGIE va au-delà de la réglementation française puisque le Groupe a choisi d’appliquer cet index à l’ensemble de ses entités à travers le monde et a ajouté l’index consolidé Groupe au titre des indicateurs clés suivis dans son plan RSE long-terme. En 2020, son index Monde s’élevait à 84 points.
« Cela n’existe pas dans les autres pays », souligne Élisabeth Richard, en charge du réseau WIN (Women In Networking) des femmes chez ENGIE. « On ne progresse qu’en mesurant. Parmi les indicateurs inclus dans l’Index, l’un d’entre eux concerne les retours de congés maternité, un moment qui peut fragiliser la carrière d’une femme. L’index Pénicaud est un outil pratique pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes, véritable levier de performance de l’entreprise. » 

1. Source : rapport de l’UNESCO « Déchiffrer le code : l’éducation des filles en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) », 2017
2. Source : Irena 2019

3. Étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), laboratoire de l’École d’économie de Paris, janvier 2021